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Data Quality à l’échelle : pourquoi la qualité des données est cruciale et comment la gérer

Auteur n°4 – Mariami

Par Mariami Minadze
Lectures: 4

Résumé – Face au passage de POC à l’industrialisation, l’absence de définitions métier, de gouvernance claire et de traçabilité contextualisée bloque toute mise à l’échelle et rend chaque règle auditée opposable. Prioriser les données critiques, formaliser un RACI, instaurer un data lineage orienté usages et un versioning assurent une gouvernance distribuée et un pilotage fluide des règles.
Solution : constituez un comité multi-stakeholders pour arbitrer, piloter les priorités et déployer vos pipelines CI/CD, garantissant conformité, performance et agilité.

La qualité des données est le socle de toute stratégie digitale ambitieuse. Dans les grandes organisations, elle détermine la fiabilité des reportings, la conformité aux réglementations et la performance opérationnelle.

Elle est désormais même un prérequis pour automatiser workflows, analyses décisionnelles ou projets d’IA. Pourtant, malgré des outils matures et des équipes compétentes, les initiatives de Data Quality restent souvent bloquées au stade de preuve de concept. Le véritable obstacle n’est pas technique, mais organisationnel et décisionnel : dès que l’IT industrialise la Data Quality, chaque règle devient officiellement opposable et auditée, et réclame définition, arbitrage et responsabilités. Sans cette anticipation, le déploiement à grande échelle finit en impasse, malgré des POC réussis.

Blocages data quality côté IT

Améliorer la qualité des données ne suffit pas si l’organisation ne peut supporter la mise à l’échelle. Dès que les règles deviennent auditables et opposables, le moindre désaccord bloque l’industrialisation.

Définitions et responsabilités imprécises

Sans définition claire du contenu et des règles associées, la donnée ne peut être défendue ni justifiée. Les équipes IT retiennent leurs corrections empiriques, de peur de figer une version qui serait contestée.

Les questions de base restent sans réponse : quelle définition fait foi, quelle règle s’applique globalement et qui tranche en cas de conflit. Chaque silence entretient l’incertitude.

Quand il n’y a pas de propriétaire formel pour une règle, personne n’ose la rendre opposable. L’IT redoute de rendre un processus officiel tant que le périmètre métier n’est pas sanctuarisé.

Exemple : Dans une grande institution financière suisse, l’automatisation d’une règle de validation des adresses clients a été suspendue jusqu’à l’arbitrage d’une responsabilité métier. Ce délai de trois mois a montré qu’une relation forte entre IT et métiers est indispensable pour avancer.

Traçabilité redoutée

L’exigence de tracer chaque correction pour garantir l’historisation freine souvent l’industrialisation. Les équipes craignent qu’une piste d’audit rende visibles des pratiques historiques jugeables.

La traçabilité technique sans contexte métier crée un flot de données inutilisables, exposant d’anciennes décisions sans explication. Les audits deviennent alors un risque plus qu’un atout.

Résultat : la traçabilité est repoussée ou écrite de façon minimaliste, laissant flotter une zone grise où corrections et interprétations circulent sans preuve formelle.

Gouvernance fragmentée et incertitude

DSI, métiers, data et compliance portent chacun un fragment de responsabilité sans qu’aucun ne puisse arbitrer l’usage en production. L’IT se retrouve gardien des règles, sans mandat métier.

L’absence de comité de pilotage ou de processus d’escalade rend toute décision corporatiste impossible. Dès qu’un acteur soulève une question, le projet stagne pour arbitrage.

Cette division des rôles crée une stratégie d’inertie : l’organisation préfère laisser les règles implicites et locales, plutôt que d’engager une clarification qui ralentirait la routine opérationnelle.

Le point de bascule organisationnel avant l’industrialisation

L’automatisation de la Data Quality transforme les arrangements pratiques en normes officielles opposables. Ce basculement impose définition, arbitrage et responsabilité à chaque règle.

Automatisation et normativité

Lorsque l’IT déploie un moteur de règles, chaque correction cesse d’être un simple ajustement et devient une décision permanente. La technique exige alors un cadrage formel pour éviter toute remise en cause ultérieure.

Ce passage de l’empirique au formel expose les désaccords historiques : deux services peuvent appliquer la même règle de façon contradictoire, et l’automatisation révèle l’incohérence.

L’impact se mesure dans les délais : tout déploiement de règle se termine par des cycles d’arbitrage interservices, là où un correctif manuel restait invisible et ponctuel.

Zone grise protectrice

Avant industrialisation, la “zone grise” de corrections locales offre un filet de sécurité. Les équipes ajustent la donnée en fonction du contexte, sans engager la responsabilité d’un référentiel unique.

Cette flexibilité est paradoxalement un frein : elle protège l’organisation d’un audit mais empêche la consolidation et le passage à l’échelle des processus de validation.

Chaque avancée formelle repousse l’automatisation d’une règle tant que tous les acteurs n’ont pas validé sa portée et ses effets, créant un cercle vicieux d’indécisions.

Ralentissement des processus

Au lieu de gagner en rapidité, l’industrialisation des règles peut ralentir le cycle de traitement des données. Chaque nouvelle règle fait l’objet de tests, de validations et d’arbitrages, au détriment de l’agilité. Pour éviter ces ralentissements, tirez parti des CI/CD pipelines qui accélèrent vos livraisons sans compromettre la qualité.

Cette complexité organisationnelle transforme un projet de Data Quality en chantier politique, où l’enjeu n’est plus la donnée mais le pouvoir de décision.

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Traçabilité des données : le levier stratégique

Une traçabilité contextualisée révèle l’origine, les transformations et l’impact métier de chaque donnée. Elle alimente la confiance, simplifie les RCA et assure la conformité.

Origine et transformations

Identifier la source exacte (application, flux, utilisateur) et la date de collecte est la première étape. Sans ce socle, il est impossible de distinguer un incident d’un artéfact historique.

Documenter chaque transformation (ETL/ELT, corrections, enrichissements) permet ensuite de reconstituer le parcours de la donnée, de la création à la consommation.

Cette granularité offre un éclairage précieux pour détecter l’emplacement d’une anomalie et comprendre rapidement le contexte technique et métier dans lequel elle est survenue.

Observabilité orientée usage

Au-delà de la traçabilité brute, il faut relier les données à leurs usages finaux : reportings, tableaux de bord, modèles IA ou processus métiers. Cela facilite l’analyse d’impact en cas de changement.

Un bon système de lineage permet de simuler les conséquences d’une modification de règle sur les indicateurs clés, sans mettre en production une ancienne version inadaptée.

Il s’agit d’offrir aux métiers et à l’IT une vue partagée, lisible et interactive, pour qu’ils puissent collaborer sur les règles sans jurons et sans perte de temps.

Auditabilité et conformité

La traçabilité est souvent perçue comme une contrainte réglementaire (RGPD, SOX, IFRS), mais elle peut devenir un levier d’efficacité pour les processus de revue et de certification.

Un historique clair des corrections et des approbations accélère les audits internes et externes, en fournissant une piste de preuves structurée plutôt qu’un amas de logs indéchiffrables.

Plus encore, la capacité à rejouer le passé permet de restaurer l’environnement décisionnel d’une date donnée, indispensable pour les analyses post-mortem.

Exemple : Un grand acteur du secteur public a réduit de 70 % le temps de ses audits en reliant automatiquement chaque rapport aux versions de règles applicables à la date d’édition. Cette mise en place a démontré la valeur du data lineage contextualisé.

Gouvernance et décisions : ce que doit décider un comité

Une gouvernance distribuée, versionnée et claire répartit le pouvoir de décision, évite les blocages et garantit une mise en production fluide des règles.

Priorisation des données critiques

Le comité doit identifier les jeux de données stratégiques (reporting financier, KPI métier, données clients) pour concentrer l’effort d’industrialisation sur ce qui génère le plus de valeur et de risque.

Classer ces données selon leur criticité permet de définir un ordre de traitement, et d’adapter le niveau de preuve et de traçabilité attendu à chaque usage.

Cela évite de diluer les ressources et garantit un retour sur investissement rapide, tout en pilotant la montée en maturité de la gouvernance data.

Attribution des responsabilités

Une fois les priorités établies, chaque règle métier doit être portée par un propriétaire clair, responsable de sa définition, de son évolution et de son arbitrage.

Le rôle de l’IT consiste alors à implémenter et automatiser les règles, sans endosser la charge de décider du contenu métier ou de la portée des exceptions.

Exemple : Dans une multinationale suisse, un comité composé de DSI, de propriétaires métier et de compliance a formalisé un RACI pour chaque règle de qualité. Cette gouvernance a débloqué l’industrialisation de plus de 200 règles en six mois.

Mécanismes d’arbitrage et versioning

Le comité doit définir un processus d’arbitrage pour les désaccords, avec des critères d’escalade et des délais clairs. Un RACI simple suffit souvent pour éviter les blocages infinis.

Un modèle de versioning des règles, associé à une politique de dépréciation, permet de gérer les évolutions sans interrompre les workflows existants ni multiplier les exceptions.

En cas de litige, la version applicable à une date donnée doit être retrouvable en quelques clics, garantissant transparence et réactivité face aux audits ou aux incidents.

Industrialisez votre Data Quality pour gagner en confiance et performance

La Data Quality à l’échelle n’est pas une question d’outil, mais de processus et de gouvernance. Les blocages organisationnels, le passage d’une zone grise à une norme officielle, la traçabilité contextuelle et la gouvernance distribuée forment les piliers d’une démarche réussie.

En structurant la responsabilité, en priorisant les données critiques et en établissant des mécanismes de versioning clairs, vous transformez la qualité des données en un véritable avantage compétitif.

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Par Mariami

Gestionnaire de Projet

PUBLIÉ PAR

Mariami Minadze

Mariami est experte en stratégie digitale et en gestion de projet. Elle audite les écosystèmes digitaux d'entreprises et d'organisations de toutes tailles et de tous secteurs et orchestre des stratégies et des plans générateurs de valeur pour nos clients. Mettre en lumière et piloter les solutions adaptées à vos objectifs pour des résultats mesurables et un retour sur investissement maximal est sa spécialité.

FAQ

Questions fréquentes sur la Data Quality à l’échelle

Quels sont les principaux obstacles organisationnels à l’industrialisation de la Data Quality?

L’un des obstacles majeurs est l’absence de responsabilités claires : sans propriétaire défini pour chaque règle, l’IT hésite à rendre les processus formels. La gouvernance fragmentée entre DSI, métiers et compliance entraîne des silos décisionnels, provoquant des cycles d’arbitrage longs. Enfin, le passage d’une zone grise empirique à des normes opposables demande des décisions structurées, souvent retardées par manque de comité de pilotage et d’escalade.

Comment définir clairement les responsabilités et les règles de Data Quality?

La création d’un RACI pour chaque jeu de règles est essentielle : le propriétaire métier définit la règle, l’IT l’implémente et la compliance valide les exigences règlementaires. Un comité de gouvernance multi-disciplinaire doit être établi pour arbitrer les conflits selon des délais et critères clairs. Chaque règle doit être versionnée et documentée pour assurer traçabilité et responsabilité continues.

Comment mettre en place une traçabilité contextuelle des données?

Il faut d’abord identifier l’origine de la donnée (application, flux, utilisateur) puis enregistrer chaque transformation (ETL, enrichissement, correction). Un outil de data lineage doit relier ces étapes aux usages métiers finaux (reportings, modèles IA). Cette granularité permet de reconstituer le parcours complet, simplifiant l’analyse d’impact et renforçant la confiance lors des audits internes et externes.

Quels indicateurs de performance (KPI) suivre pour évaluer la Data Quality?

Les KPI clés incluent le taux de validité des enregistrements, le taux de complétude des champs critiques et le temps moyen de résolution des anomalies. On peut aussi mesurer la couverture de traçabilité (pourcentage de données historisées) et le respect des SLA de correction. Ces indicateurs, alignés sur les priorités métiers, permettent de piloter l’amélioration continue et de démontrer la valeur de la Data Quality à l’échelle.

Quels processus d’arbitrage et de versioning adopter pour les règles de qualité?

Il est recommandé d’utiliser une plateforme de gestion de règles avec versioning automatique. Chaque nouvelle version doit passer par un workflow d’approbation incluant tests et validations métiers. Le processus d’arbitrage, avec des délais prédéfinis, doit permettre d’escalader rapidement les désaccords au comité gouvernance. La politique de dépréciation doit documenter la transition entre versions pour éviter les interruptions de service.

Quelles bonnes pratiques pour intégrer la Data Quality dans un pipeline CI/CD?

Intégrez les tests de qualité de données dès la phase de développement en utilisant des scripts automatisés dans votre pipeline CI. Chaque merge request déclenche des vérifications de règles de data quality, avec reporting immédiat des anomalies. Déployez ensuite en CD les règles validées vers les environnements de production. Cette approche garantit agilité et maîtrise des impacts sans ralentir les livraisons.

Comment prioriser les jeux de données critiques dans un projet de Data Quality?

Le comité de gouvernance doit identifier les données générant le plus de valeur et de risque : reporting financier, KPI métiers, données clients. En les classant selon criticité, vous pouvez adapter le niveau de contrôle et de traçabilité nécessaire. Cette priorisation permet de concentrer les ressources sur les cas à fort impact, assurant un ROI rapide et une montée en maturité progressive de votre gouvernance data.

Quelles erreurs éviter lors du passage de la zone grise à une gouvernance formelle?

Évitez l’industrialisation sans arbitrage préalable : implémenter des règles sans consensus bloque le déploiement et crée des conflits. Ne sous-estimez pas la documentation : sans contexte métier, la traçabilité perd de sa valeur. Enfin, ne négligez pas l’aspect versioning : sans politique claire, vous risquez des interruptions en production et la multiplication des exceptions.

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