Résumé – Le travel reste ultra-fragmenté, avec des dizaines d’API propriétaires induisant intégrations sur mesure coûteuses, délais d’onboarding et dette technique à chaque nouveau fournisseur. Le Model Context Protocol (MCP) standardise et mutualise un jeu de tools (recherche, booking, annulation, servicing), réduisant drastiquement le code spécifique, la maintenance et le time-to-market.
Solution : déployer des serveurs MCP officiels auditables via une gouvernance transverse pour limiter les risques, abaisser le coût marginal d’intégration et accélérer l’innovation.
Le secteur du travel reste aujourd’hui l’un des plus fragmentés en matière d’intégration digitale. Vols, hôtels, rail, activités et mobilité reposent sur autant d’API propriétaires, de formats et de règles métier distincts, générant une complexité croissante pour les agents et plateformes. Chaque nouveau fournisseur a longtemps nécessité une intégration sur mesure, coûteuse et fragile, freinant la réactivité des équipes IT.
Avec l’apparition du Model Context Protocol (MCP) fin novembre 2024, il devient possible de proposer aux agents une couche standardisée de “tools” pour orchestrer les interactions avec les fournisseurs. Cette approche réduit drastiquement le coût marginal d’ajout de nouvelles sources et accélère l’expérimentation d’agents proactifs, qu’il s’agisse de planification de voyages, de gestion de disruptions ou de services opérationnels.
Fragmentation et complexité des intégrations dans le travel
Le travel est marqué par une diversité de fournisseurs, chacun exposant sa propre API avec ses formats et ses quotas. Cette fragmentation impose aux équipes IT de multiplier les développements spécifiques et les points de maintenance.
Multiplication des API propriétaires
Dans l’écosystème travel, chaque compagnie aérienne, plateforme hôtelière ou service de mobilité publie ses propres interfaces et conventions. Les formats de requête, les schémas de réponse et les mécanismes d’authentification varient largement d’un fournisseur à l’autre. Cette hétérogénéité réclame une veille permanente et une documentation souvent insuffisante, entraînant des délais d’onboarding considérables pour chaque nouvel acteur.
À mesure que les nouvelles offres émergent, les équipes IT doivent gérer plusieurs versions de protocoles, adapter les parsers et maintenir des connecteurs spécifiques. Les mises à jour des API, les changements de quotas et les modifications de règles tarifaires génèrent autant de tickets et d’incidents. Ce travail de paramétrage et de testing pèse lourd sur les ressources internes.
La multiplication des adaptateurs crée des silos techniques : chaque connecteur devenu obsolète ou erroné peut bloquer un canal de distribution ou un workflow métier. La latence entre la publication d’une nouveauté par un fournisseur et son intégration se traduit parfois par un retard stratégique sur les concurrents plus agiles.
Coûts et délais des intégrations sur mesure
Chaque nouvelle liaison à un fournisseur externe nécessite une phase de spécification, de développement, d’intégration et de tests. Ces étapes mobilisent souvent plusieurs semaines de travail, avec des équipes fonctionnelles et techniques sollicitées en parallèle. Les budgets alloués aux projets d’interfaçage peuvent rapidement devenir un poste important dans la feuille de route IT.
Au-delà du développement initial, il faut compter les coûts induits par la maintenance corrective et évolutive. Les anomalies, les évolutions réglementaires ou les optimisations de performances exigent des ressources supplémentaires. Les contrats de support et les SLA indispensables représentent une charge récurrente qu’il est difficile de réduire.
À chaque nouvelle version de l’API, la chaîne de delivery se trouve impactée : ajustements de mapping, refonte de tests automatisés et requalification fonctionnelle. Ces opérations, bien que nécessaires, freinent l’agilité des équipes de développement et compromettent la capacité d’innovation.
Maintenance et complexité croissante
La multiplication de connecteurs spécifiques induit une dette technique qui grandit au fil du temps. Les correctifs urgents s’accumulent et les équipes doivent jongler entre divers frameworks, langages et bibliothèques. La documentation interne peine à refléter l’état réel des intégrations, ce qui ralentit la montée en compétence des nouveaux arrivants.
Exemple : une agence de taille moyenne s’était engagée dans l’intégration manuelle de quinze fournisseurs de logements pour diversifier son offre. Après trois itérations de développement, l’équipe IT consacrait 40 % de son temps à la maintenance corrective des connecteurs. Les incidents de compatibilité provoquaient des indisponibilités récurrentes, pénalisant la fidélisation des clients et l’exploitation des nouvelles sources.
Impact sur l’innovation et l’agilité
Dans un contexte ultra-concurrentiel, la capacité à tester rapidement de nouveaux services est essentielle. Or, la lourdeur des protocoles d’intégration freine la mise en production de solutions innovantes, comme la gestion prédictive des disruptions ou les assistants de réservation intelligents. Chaque échec ou retard dans l’intégration se traduit par un manque à gagner potentiel.
Les équipes de développement se voient souvent contraintes de prioriser la stabilité des connecteurs existants plutôt que de consacrer du temps à des projets à forte valeur ajoutée. L’écosystème digital perd ainsi en réactivité, alors même que les opportunités de partenariats se multiplient.
Le manque d’un référentiel commun limite aussi l’exploitation des données agrégées. Les initiatives IA ou analytics pâtissent de l’impossibilité d’orchestrer les flux en temps réel sur l’ensemble des points de distribution.
MCP servers : principes et bénéfices d’une couche standard
Un MCP server sert de “wrapper” pour transformer une API ou un service interne en un ensemble de tools normalisés, prêts à être appelés par un agent. Cette couche standardisée réduit la duplication de code et simplifie l’interfaçage avec de multiples fournisseurs.
Standardisation des actions métiers
Le Model Context Protocol définit un format unifié pour exposer des actions courantes : recherche, réservation, modification, annulation ou récupération de PNR. Les agents consomment ces tools via une interface cohérente et abstraite des spécificités de chaque fournisseur. Cette uniformité facilite l’écriture et la maintenance d’agents autonomes, permettant de concentrer l’effort sur la logique métier plutôt que sur la gestion des API.
La notion de resources et d’actions standard évite la prolifération de scripts ad hoc. Chaque tool est décrit de manière formelle, avec ses paramètres d’entrée et ses schémas de sortie. Les équipes bénéficient d’une documentation consolidée et d’un modèle de contrat unique pour l’ensemble des intégrations.
Au-delà de la réduction des écarts techniques, cette normalisation ouvre la voie à des frameworks de testing automatisés génériques, applicables à tout MCP server, ce qui renforce la qualité et la fiabilité des agents déployés.
Réduction du code spécifique par fournisseur
Grâce à un MCP server, il n’est plus nécessaire d’écrire un connecteur dédié pour chaque fournisseur. Les outils exposés suivent tous le même pattern, ce qui permet de mutualiser le socle technique et de le faire évoluer de manière centralisée. Les clients gagnent en robustesse et en visibilité sur les chaînes d’appels.
Les mises à jour d’un fournisseur ne concernent que son MCP server, sans impacter l’agent global. Les équipes n’ont plus à adapter le pipeline CI/CD pour chaque version d’API tierce, réduisant ainsi le risque d’incident lors des déploiements. Cette séparation des responsabilités simplifie également la gouvernance des changements.
À terme, le socle MCP devient un actif réutilisable d’un projet à l’autre, accélérant le time-to-market pour toute nouvelle plateforme ou preuve de concept reposant sur des agents intelligents.
Ajout de nouvelles sources à coût marginal réduit
Lorsque de nouveaux fournisseurs entrent dans l’écosystème, l’effort d’intégration se limite généralement à l’adaptation de leur MCP server. L’agent existant peut alors invoquer immédiatement les outils standards sans modification significative de son code. Le coût marginal d’une nouvelle source chute, libérant du budget pour des initiatives plus stratégiques.
Cette approche s’inscrit dans une logique d’anti-dette technique : chaque ajout de source n’alourdit pas le socle commun, et la courbe de maintenance reste contenue. Les équipes peuvent planifier des expérimentations de courte durée pour valider rapidement la valeur métier d’un nouveau canal.
Exemple : une start-up spécialisée dans la réservation de circuits a branché un MCP server dédié à un nouveau service de bus régional. L’intégration a été réalisée en moins de deux semaines, contre plus de six en mode traditionnel, permettant de tester le service sur un panel de clients pilote avant un déploiement plus large.
Accélération des expérimentations d’agents
Les agents “agentic travel” capables de réaliser des cycles complets – shopping, booking, servicing, ops – se déploient plus rapidement grâce à la couche MCP. Les logiques de ré-optimisation, de pooling d’offres ou de gestion de flux en cas de perturbation s’appuient sur un même jeu de tools, simplifiant les itérations.
Les équipes IA peuvent ainsi créer des prototypes d’agents dotés de capacités de dialogue avancées, sans être freinées par l’absence d’un modèle de services unifié. Les feedbacks terrain se traduisent en évolutions de l’agent plutôt qu’en refontes de connecteurs.
Cette agilité permet de tester en continu des scénarios de valorisation croisée, d’ancillaries ou de bundling, en minimisant le délai entre le concept et la mise en production.
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Panorama du marché et principaux types de MCP servers
Depuis son introduction en novembre 2024, l’écosystème MCP reste en construction, avec un nombre limité de serveurs officiels et une prolifération de wrappers non officiels. Les grands acteurs commencent néanmoins à déployer des solutions multi-domaines capables de couvrir tout le cycle de vie du voyage.
Données vols et suivi en temps réel
Les MCP servers dédiés aux données opératoires de vol exposent des fonctions de recherche de statut, de suivi par immatriculation et de prévision météorologique. Ils sont particulièrement utiles pour les centres d’appel, les assistants de disruption et les plateformes de tracking de voyageurs. Certaines solutions intègrent des historiques live et des événements marquants du vol, garantissant une meilleure prise de décision en temps réel.
La limitation de ces serveurs réside parfois dans la couverture géographique ou dans la profondeur des informations tarifaires. Les clients doivent évaluer les cas d’usage prioritaires avant de choisir un provider, et anticiper les passerelles nécessaires en cas de besoin d’extension au-delà des périmètres supportés.
Ces MCP servers ont déjà démontré leur valeur lors de pics de trafic, là où les intégrations ad hoc peinaient à répondre aux milliers d’appels simultanés sans surcharge.
Recherche, réservation et servicing de vols
Les MCP servers commerciaux couvrent les workflows de booking, de modification, d’annulation et de récupération de PNR. Ils intègrent souvent des filtres avancés (flexibilité de date, classes de voyage, ancillaries) et fournissent des liens de réservation directe. Les agents de self-service et les chatbots de booking s’appuient sur ces outils pour offrir une expérience unifiée, quelle que soit la compagnie aérienne.
Ces serveurs gagnent en maturité avec des schémas d’authentification unifiés et des niveaux de quotas ajustables selon la criticité. Ils restent toutefois conditionnés aux politiques de chaque fournisseur, notamment pour la gestion des données personnelles et la conformité réglementaire.
Hébergement et prestations d’activités
Dans le domaine hôtelier, certains MCP servers transforment des centaines d’endpoints API en tools pour vérifier la disponibilité, gérer les réservations, modifier les séjours ou récupérer les profils clients. De même, les plateformes d’activités et de tours exposent des actions de recherche filtrée, de réservation de slots et de consultation d’itinéraires.
Ces serveurs sont particulièrement précieux pour les agents de bundling qui souhaitent combiner hébergement, vol et activités dans une seule session utilisateur, sans multiplier les appuis techniques. Ils facilitent aussi l’intégration de motorisations de paiement et de facturation, souvent standardisées via des outils MCP complémentaires.
Le principal enjeu réside dans la couverture fonctionnelle et la mise à jour des catalogues, qui varie selon l’ampleur des réseaux d’opérateurs pris en charge.
Hubs multi-domaines pour un lifecycle complet
Les MCP servers multi-domaines représentent le véritable tournant : ils couvrent du shopping jusqu’au servicing et aux opérations. En s’appuyant sur des plateformes data massives, ils offrent un accès unifié à des cas d’usage variés : rebooking en cas de perturbation, gestion hôtelière, conformité visa, reporting dépenses, etc.
Ces solutions scalables permettent de déployer des agents bout-en-bout sans repartir de zéro pour chaque domaine. Elles intègrent souvent des modules de données historiques et des fonctionnalités analytiques pour enrichir la planification et la personnalisation.
Exemple : un opérateur du secteur hôtelier expérimente un MCP server multi-domaines pour piloter ses services de late check-in, gestion de la restauration et rebooking de vols. Cette initiative a démontré la valeur d’un broker unifié, réduisant les délais de coordination entre services et améliorant le taux de satisfaction client.
Sécurité et gouvernance : piloter les risques liés aux MCP servers
Un MCP server exécute des actions pouvant influer directement sur vos processus métiers et votre infrastructure. La sélection, l’audit et le déploiement de ces serveurs relèvent donc d’une gouvernance IT rigoureuse, alliant sécurité et agilité.
Choisir entre serveurs officiels et non officiels
Les serveurs officiels, sponsorisés par les fournisseurs, offrent généralement un niveau de confiance élevé : documentation garantie, mises à jour synchronisées avec l’API source, SLA clairement définis. Ils réduisent le risque de rupture et simplifient les audits de conformité.
En revanche, les wrappers non officiels se développent rapidement. Ils permettent d’accéder à des services non supportés officiellement, mais ils doivent être évalués via des signaux de confiance : activité GitHub, badges de sécurité, retours de la communauté. Une revue de code et de licence reste indispensable.
Audit, inspection et tests de conformité
Avant tout déploiement, il convient d’analyser le code source ou le binaire du MCP server, de vérifier les dépendances et d’exécuter des scénarios de test couvrant les cas critiques. Les audits de sécurité doivent inclure des revues de logs, des tests d’injection et des simulations de charge.
Les interfaces exposées par le protocole MCP peuvent exécuter du code ou déclencher des flux transactionnels sensibles. Appliquer des policies de contrôle d’accès, de chiffrement et d’authentification forte est indispensable pour limiter toute surface d’attaque.
Enfin, il est recommandé d’intégrer ces tests dans la pipeline CI/CD afin de détecter rapidement toute régression ou nouvelle vulnérabilité lors des mises à jour du server.
Mettre en place une gouvernance agile et transverse
La gouvernance des MCP servers doit associer DSI, architectes, sécurité et métiers. Des revues régulières permettent d’ajuster la stratégie d’intégration, de prioriser les audits et de faciliter la gestion du changement pour l’introduction de nouveaux serveurs.
Des pipelines automatisés de tests de sécurité et de conformité, couplés à des indicateurs de performance clés (temps de réponse, taux d’erreur, volumétrie d’appels), offrent une vision en temps réel de la santé de l’écosystème MCP. Cela facilite la prise de décision et l’allocation des ressources.
En capitalisant sur une documentation centralisée et sur des patterns d’intégration validés, les organisations réduisent la courbe d’apprentissage et maîtrisent le risque lié à l’adoption de nouveaux serveurs.
Adoptez un standard d’intégration agile et sécurisé
Le Model Context Protocol n’est pas qu’un simple protocole : c’est un catalyseur de transformation dans le travel, offrant une couche unifiée pour orchestrer des actions complexes à travers des fournisseurs divers. Il simplifie l’intégration, réduit les coûts marginaux et accélère l’innovation en standardisant les outils et en isolant la maintenance des connecteurs.
Face à un marché encore jeune, il est essentiel de coupler agilité et gouvernance : privilégier les serveurs officiels lorsque c’est possible, inspecter et tester rigoureusement les wrappers non officiels, et choisir une architecture self-hosted ou managée en fonction de vos exigences métiers et réglementaires. Nos experts sont à votre disposition pour évaluer votre contexte, définir la meilleure stratégie MCP et vous accompagner dans la mise en place d’un écosystème durable, modulaire et sécurisé.







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