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Cadrer un projet informatique : transformer une idée en engagements clairs (périmètre, risques, trajectoire et décisions)

Auteur n°3 – Benjamin

Par Benjamin Massa
Lectures: 14

Résumé – La méconnaissance initiale du périmètre et des responsabilités entraîne dérives, retards et surcoûts.
Le cadrage rigoureux explicite objectifs métiers et SI, cartographie incertitudes et dépendances, formalise règles de gestion et glossaire partagé, priorise les fonctionnalités via backlog et définit arbitrages, DoR, DoD, jalons et indicateurs financiers.
Solution : structurer ce cadrage dès la phase de définition en engagements clairs servant de socle décisionnel pour sécuriser trajectoire, budget et qualité.

Dans de nombreux projets informatiques, les dérapages surviennent rarement à cause de bugs, mais plutôt en raison d’un flou initial sur les objectifs, les périmètres et les responsabilités. Un cadrage rigoureux transforme une idée en un ensemble d’engagements explicites et partagés, garantissant une trajectoire claire pour toutes les parties prenantes. Cette phase de sécurisation ne se réduit pas à un simple document : elle permet d’expliciter les objectifs métiers, les acteurs, les contraintes, les scénarios, les dépendances SI, les règles de gestion et les critères de réussite.

Alignement transverse

Un alignement transverse assure une compréhension partagée des objectifs et évite les malentendus entre métiers et IT. Cet échange permet d’identifier dès le départ les points de friction et de créer un langage commun pour piloter le projet en toute transparence.

Lecture commune des objectifs

La première étape consiste à réunir toutes les parties prenantes lors d’ateliers collaboratifs. Chaque acteur, qu’il provienne de la DSI, des métiers ou de la direction générale, décrit ses attentes et ses priorités. Cette mise en commun des visions permet de recaler les objectifs selon leur valeur métier et leur faisabilité technique.

Une mise à plat des objectifs garantit que chacun parle du même périmètre fonctionnel et technique. Ce travail de clarification évite les interprétations divergentes qui peuvent provoquer des retards ou des demandes de modification non anticipées plus tard dans le projet. C’est également l’occasion de relier chaque objectif à des indicateurs de réussite concrets.

À l’issue de ces ateliers, un document synthétique regroupe la liste validée des objectifs, leur hiérarchisation et les indicateurs de performance associés. Ce livrable devient le point de référence tout au long du projet et peut être mis à jour de manière formelle en cas de besoin.

Identification des zones floues

Lors de l’analyse des besoins, certains aspects du projet ne sont pas toujours explicités, qu’il s’agisse de contraintes réglementaires, de dépendances externes ou de règles métiers complexes. Il est crucial de recenser ces zones d’ombre pour éviter les surprises en phase de réalisation.

Un mapping des incertitudes permet de classer ces zones selon leur impact potentiel sur le planning, le budget et la qualité. Les sujets les plus sensibles feront l’objet de macro-spécifications ou de prototypes rapides pour valider les hypothèses dans le cadre d’une stratégie de test logiciel avant d’engager des développements massifs.

Cette approche proactive limite les risques de dérive de périmètre et assure une trajectoire maîtrisée. Les risques identifiés sont consignés dans un registre, mis à jour régulièrement et revus lors des comités de pilotage.

Langage et articulation inter-équipes

Pour qu’un projet avance sans accrocs, les termes métiers et techniques doivent être alignés. Un même mot ne doit pas revêtir des significations différentes selon qu’il est utilisé par un product owner, un développeur ou un responsable qualité.

La rédaction d’un glossaire projet, même succinct, facilite la communication et permet de réduire le nombre de questions sur des définitions ambiguës. Ce document évolutif est partagé et amendé tout au long du projet.

Exemple : une institution financière cantonale a réalisé durant son cadrage que le terme « client » était interprété différemment par les équipes de back-office et les développeurs, ce qui entraînait des doublons de données et des erreurs de routage transactionnel. Cet exemple montre qu’un glossaire partagé a permis de réduire de 40 % le nombre d’anomalies liées à la sémantique, en alignant toutes les équipes sur une définition unique.

Arbitrages fonctionnels

Les arbitrages fonctionnels définissent ce qui sera livré, différé ou exclu pour assurer la cohérence du périmètre. Ils reposent sur une priorisation claire des fonctionnalités selon leur valeur métier et les coûts estimés.

Définition du socle minimal et des variantes

Une liste de features est segmentée en trois catégories : le socle minimal indispensable, les variantes à considérer selon les ressources et les évolutions différées. Cette distinction permet de cadrer un MVP solide tout en planifiant les options complémentaires.

Le socle minimal rassemble les fonctionnalités critiques et non négociables, tandis que les variantes offrent un supplément de valeur sous réserve de disponibilité budgétaire et temporelle. Les évolutions différées sont inscrites dans une feuille de route à moyen terme, évitant de complexifier le lancement initial. Pour plus de détails, consultez notre cahier des charges IT.

Chaque item se voit attribuer un statut et un niveau de priorité. Un tableau de bord de suivi d’arbitrage, même informel, garantit que les décisions sont documentées et réversibles si nécessaire.

Priorisation et découpage

La priorisation se base sur un score combiné d’impact métier, de faisabilité technique et de risque. Elle alimente un backlog initial classé par valeur et effort. Cette méthode évite les développements guidés par des dynamiques internes ou la pression de certaines parties prenantes.

Un découpage en user stories ou en lots fonctionnels facilite la montée en charge progressive des équipes. Chaque story est validée sur sa valeur métier et son niveau de risque avant d’être intégrée dans le sprint ou la phase suivante.

Exemple : un fabricant suisse de matériel industriel a structuré son backlog en cinq lots. Grâce à ce découpage, il a livré un prototype opérationnel au bout de quatre semaines, validant l’architecture produit et réduisant de 60 % les incertitudes techniques. Cet exemple montre que la priorisation fine et le découpage ont permis d’anticiper les points bloquants et de sécuriser les premiers jalons.

Documentation des règles de gestion et des hypothèses

Chaque fonctionnalité s’appuie sur des règles métiers explicitement décrites : formules de calcul, workflows de validation, cas d’exception. Documenter ces aspects évite les interprétations erronées lors de la réalisation et des tests.

Les hypothèses de travail, qu’elles soient liées aux volumes de données ou à la disponibilité d’un service externe, sont inscrites dans le périmètre. Elles constituent autant de points de vigilance à réévaluer régulièrement pendant le projet.

Une matrice de traçabilité relie chaque règle de gestion à une user story ou à un lot, garantissant une couverture fonctionnelle exhaustive lors des phases de recette.

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Cadrage technique et dépendances SI

Le cadrage technique et data sécurise l’architecture cible et formalise les dépendances critiques de votre SI. Il précise les principes d’exposition des données, la sécurité (RBAC, SSO) et les outils d’intégration pour garantir cohérence et évolutivité.

Cartographie des dépendances SI et impacts réels

Une cartographie des systèmes connectés identifie les flux de données, les responsables, les protocoles et les points de contrôle. Cette vision globale révèle les impacts d’un changement ou d’un arrêt de service.

La cartographie est accompagnée d’une évaluation des risques : points de single point of failure, latences, contraintes de volumétrie. Ces éléments alimentent le registre des risques et orientent les plans de mitigation.

Exemple : un département cantonal a réalisé une cartographie détaillée de ses interfaces entre ERP, CRM et plateforme de data-visualisation. Cette analyse a révélé un goulet d’étranglement sur l’API de consolidation, responsable de 70 % des retards de génération de rapports mensuels. Cet exemple montre que la mise en évidence des dépendances critiques permet de prioriser des optimisations ciblées.

Architecture cible et principes techniques

Le cadrage technique formalise l’architecture cible sous forme de schémas et de principes directeurs : découplage des composants, choix de microservices ou d’un monolithe modulaire, environnements de développement et de production.

Les principes incluent les bonnes pratiques open source et les briques technologiques privilégiées (bases de données évolutives, bus de messages, frameworks garantissant la maintenabilité). Cette démarche évite les choix ad hoc non alignés avec la stratégie SI.

Une note d’architecture synthétique détaille chaque composant, son rôle, ses dépendances et son mode de déploiement. Elle sert de référence lors de la phase de réalisation et de la revue de code.

Sécurité, RBAC et gestion des données

La définition des rôles et droits d’accès (RBAC) précise les responsabilités sur les données et les fonctionnalités. L’intégration du SSO garantit une authentification unifiée et sécurisée, limitant les points de friction utilisateur.

Le cadrage de la data décisionnelle définit les entrepôts, les pipelines ETL, les règles de rétention et les normes de qualité des données. Ces éléments préparent les usages BI et les indicateurs de pilotage.

Une matrice de sécurité associe chaque flux à un niveau de confidentialité et identifie les contrôles nécessaires (chiffrement, anonymisation, journaux d’audit). Elle alimente les politiques de sécurité SI.

Pilotage et trajectoire de projet

Le pilotage structure la gouvernance, les jalons, les critères d’acceptation et la trajectoire budgétaire. Il fixe un planning de référence et définit les indicateurs de suivi pour prendre les bonnes décisions à chaque étape.

Gouvernance et comité de pilotage

Une gouvernance claire établit les rôles du sponsor, du comité de pilotage et des équipes projet. Le comité se réunit régulièrement pour arbitrer les déviations et valider les jalons.

Les comptes rendus de comité documentent les décisions, les risques nouvellement identifiés et les actions correctives. Ils alimentent le reporting aux directions générales et métiers.

Ce cadre de pilotage évite les prises de décision informelles et garantit que chaque réorientation est formalisée, argumentée et partagée.

Définition de DoR, DoD, jalons et critères d’acceptation

La Definition of Ready (DoR) liste les conditions préalables au démarrage d’une livraison : spécifications validées, environnements préparés, cas de test définis. Elle évite les bloqueurs en cours de sprint ou de phase.

La Definition of Done (DoD) précise les critères de complétude : tests unitaires passés, documentation mise à jour, recettes fonctionnelles validées. Elle structure la validation et le basculement en production.

Les jalons clés (fin de cadrage, fin de recette, mise en production pilote) sont associés à des critères d’acceptation mesurables. Ces jalons ponctuent la trajectoire et servent de points de décision.

Planning et budget de référence

Un planning de référence détaille les phases, les livrables et les durées estimées. Il intègre des marges pour les points d’incertitude identifiés lors du cadrage.

Le budget de référence associe chaque lot fonctionnel et technique à un coût estimé, permettant de suivre les écarts réels et d’ajuster la feuille de route.

Ce pilotage financier assure la viabilité du projet et alerte précocement en cas de surcoûts, facilitant les arbitrages entre périmètre et qualité.

Transformez votre cadrage en socle décisionnel solide

Un cadrage rigoureux évite les mois de corrections coûteuses en alignant dès le départ les objectifs, les arbitrages fonctionnels, les dépendances, l’architecture et le pilotage. Chaque engagement explicite devient un repère pour l’équipe projet et un garant de la réussite opérationnelle.

Que vous soyez en phase de définition ou de pré-réalisation, nos experts sont disponibles pour vous accompagner dans la mise en place d’un cadrage adapté à votre contexte et vos enjeux. Nous vous aidons à transformer vos idées en décisions concrètes et à sécuriser votre trajectoire.

Parler de vos enjeux avec un expert Edana

Par Benjamin

PUBLIÉ PAR

Benjamin Massa

Benjamin est un consultant en stratégie senior avec des compétences à 360° et une forte maîtrise des marchés numériques à travers une variété de secteurs. Il conseille nos clients sur des questions stratégiques et opérationnelles et élabore de puissantes solutions sur mesure permettant aux entreprises et organisations d'atteindre leurs objectifs et de croître à l'ère du digital. Donner vie aux leaders de demain est son travail au quotidien.

FAQ

Questions fréquemment posées sur le cadrage de projet informatique

Qu'est-ce que le cadrage de projet informatique et pourquoi est-il crucial ?

Le cadrage de projet informatique transforme une idée en engagements formalisés : périmètre, objectifs métiers, contraintes techniques et responsables. Il sécurise la trajectoire et évite les dérives en clarifiant dès le départ qui fait quoi et selon quels critères de réussite. Sans cadrage, les projets souffrent d’ambiguïtés, de retards et de surcoûts.

Comment identifier et prioriser les objectifs métiers lors du cadrage ?

On réunit parties prenantes (DSI, métiers, direction) en ateliers collaboratifs. Chaque acteur expose ses priorités et on relie chaque objectif à des indicateurs de performance. La priorisation se fait selon la valeur métier, la faisabilité technique et les risques. Le résultat est un document hiérarchisé servant de référence tout au long du projet.

Comment gérer les zones d'incertitude et réduire les risques ?

On cartographie les zones floues (réglementations, dépendances externes, règles métiers complexes) et on évalue leur impact sur planning, budget et qualité. Les sujets sensibles font l’objet de macro-spécifications ou de prototypes rapides pour valider les hypothèses. Les risques sont consignés dans un registre mis à jour lors des comités de pilotage.

Pourquoi créer un glossaire projet est-il essentiel ?

Un glossaire unifie la terminologie utilisée par product owners, développeurs et responsables qualité. Il évite les ambiguïtés (ex. « client » interprété différemment) et réduit les anomalies sémantiques. Partagé et amendé tout au long du projet, il renforce la cohérence et fluidifie la communication inter-équipes.

Comment définir un MVP et arbitrer les fonctionnalités ?

On segmente les fonctionnalités en socle minimal, variantes et évolutions différées. Le socle minimal regroupe les besoins critiques non négociables. Les variantes apportent de la valeur selon les ressources, et les évolutions différées alimentent la feuille de route à moyen terme. Ce découpage permet de lancer rapidement un MVP robuste et d’ajuster le périmètre.

Comment cartographier les dépendances SI et leurs impacts ?

On dresse la cartographie des flux de données, des protocoles, des points de contrôle et des responsables. Chaque interface est analysée pour identifier les points de single point of failure, les latences et les contraintes de volumétrie. Cette vision globale permet de prioriser les optimisations et de sécuriser l’architecture cible.

Quels jalons et indicateurs suivre pour piloter le projet ?

On définit des jalons clés (fin de cadrage, fin de recette, pilote, mise en production) associés à des critères d’acceptation mesurables. Les KPI incluent avancement du backlog, écarts de budget, qualité des livrables et gestion des risques. Ces indicateurs guident les décisions lors des comités de pilotage.

Comment assurer une gouvernance efficace avec DoR et DoD ?

La Definition of Ready énumère les conditions de démarrage (spécifications validées, environnements prêts, cas de test définis). La Definition of Done précise les critères de complétude (tests unitaires, documentation, recette). Ensemble, ils garantissent que chaque livraison est prête à passer en sprint ou production sans blocages.

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