Résumé – La maîtrise de l’optimisation de tournées conditionne rentabilité et conformité dans vos VRP complexes. OR-Tools offre un prototypage express et des performances brutes sur contraintes standards, mais limite la personnalisation et l’auditabilité dès qu’apparaissent des règles non linéaires ou évolutives. SCIP privilégie la modélisation mathématique explicite et la traçabilité, garantissant flexibilité, maintenabilité et conformité longue durée, au prix d’une montée en compétences et de temps de développement plus élevés.
Solution : choisir OR-Tools pour des PoC rapides, SCIP pour un socle robuste en production, avec un accompagnement expert pour ajuster le modèle à vos enjeux.
Dans un contexte où l’optimisation des tournées peut faire la différence entre rentabilité et dérive opérationnelle, le choix du moteur de résolution est stratégique. Au-delà des performances brutes, il s’agit de bâtir une architecture capable de s’adapter aux évolutions métiers et réglementaires.
Cet article confronte deux références majeures – Google OR-Tools et SCIP – à travers un cas réel de VRP intégrant fenêtres de temps et capacités. Il offre un retour d’expérience pragmatique, illustrant comment la rapidité de prototypage d’OR-Tools et la robustesse modélisationnelle de SCIP répondent à des besoins différents, mais complémentaires, dans la durée.
OR-Tools : rapidité et efficacité… jusqu’à un certain point
OR-Tools permet de prototyper rapidement des solutions de routing grâce à une API haut niveau.Il atteint des temps de calcul imbattables, avant de révéler ses limites en termes de personnalisation et de gouvernance du modèle.
API haut niveau et déploiement rapide
L’un des atouts majeurs d’OR-Tools est sa prise en main immédiate. Quelques dizaines de lignes suffisent pour modéliser un VRP de base avec fenêtres de temps et capacités. Les développeurs peuvent ainsi enchaîner les PoC et comparer des scénarios sans investir dans une formulation mathématique complexe.
Le langage Python, Java ou C# est pris en charge nativement, ce qui simplifie l’intégration dans les pipelines de développement existants. Les wrappers proposés permettent d’enchaîner les tests, d’automatiser les benchmarks, d’optimiser les coûts opérationnels et de valider rapidement des hypothèses métiers.
En phase d’exploration, cette vélocité est hautement appréciée par les équipes projet. Elle crée un effet de levier immédiat pour démontrer la valeur de l’optimisation combinatoire auprès des directions et des métiers, accélérant la prise de décision.
Performance d’exécution et contraintes standards
Les algorithmes heuristiques et métaheuristiques embarqués dans OR-Tools délivrent des résultats en quelques secondes, même pour plusieurs centaines de points de livraison. La gestion des fenêtres temporelles, des capacités de véhicules et des coûts linéaires est native et optimisée.
Cependant, dès lors que le besoin intègre des contraintes non linéaires, des ruptures de flux ou des règles métier spécifiques (par exemple, des tournées avec priorités variables selon la saison), l’utilisateur doit recourir à des contournements.
Ces adaptations impactent la maintenabilité du code et peuvent augmenter significativement la complexité du modèle, rendant l’outil moins transparent pour les équipes opérationnelles et complique les mises à jour futures.
Personnalisation avancée et risque de dépendance
OR-Tools ne propose pas de modélisation mathématique explicite : les contraintes sont souvent implicites et noyées dans l’API. Cette intégration opaque peut créer une « boîte noire » difficile à auditer.
Lorsque l’on cherche à injecter une règle métier très spécifique (par exemple, un seuil de retour à l’entrepôt variable selon le poids total transporté), il devient nécessaire d’écrire du code auxiliaire ou de forker l’outil.
Une entreprise de logistique de taille moyenne a testé OR-Tools pour gérer ses tournées saisonnières. Les résultats initiaux ont séduit la DSI, mais l’impossibilité de justifier certains choix algorithmiques auprès des équipes métier a freiné la mise en production. Ce cas montre que la rapidité de développement peut se heurter à la gouvernance du modèle.
SCIP : plus lent à écrire, mais bien plus robuste
SCIP mise sur une formulation mathématique explicite permettant un contrôle total des contraintes.Ce degré de transparence garantit la traçabilité, la stabilité et l’évolutivité des modèles, même dans des contextes industriels complexes.
Modélisation mathématique claire et traçabilité
Avec SCIP, chaque contrainte est formalisée dans un langage de haut niveau (OPL, PySCIPOpt ou interfaces CLI). Cette explicitité facilite la revue du modèle par des équipes mixtes, alliant data scientists, logisticiens et auditeurs.
Les formulations node-based, flow-based ou MTZ (Miller–Tucker–Zemlin) sont disponibles selon le cas d’usage, garantissant que chaque option est documentée et comparée.
La clarté de la modélisation permet aussi de versionner précisément chaque contrainte, de justifier son utilité et de suivre l’évolution du modèle au fil des itérations métier.
Formulations avancées et flexibilité ultime
SCIP permet d’introduire des « lazy constraints », des coupes de branchement et même d’intégrer des heuristiques sur mesure. L’ajout de contraintes non linéaires, de fonctions d’objectif composées ou de sous-tournées se fait de manière native. Cette flexibilité est un atout majeur pour les industries où chaque règle métier doit être respectée (secteur pharmaceutique, distribution alimentaire, gestion des déchets, etc.).
Les performances peuvent être ajustées en fonction du temps ou des ressources allouées, assurant un équilibre entre optimalité et temps de calcul dans un cadre de production exigeant.
Cas d’usage suisse : transport de marchandises critiques
Une organisation helvétique chargée de distribuer des composants médicaux sur l’ensemble du territoire a adopté SCIP pour répondre à des contraintes réglementaires strictes (créneaux de livraison, quotas de stockage, plages de nettoyage des véhicules). La robustesse du modèle a permis de réduire de 12 % les coûts logistiques tout en garantissant un audit complet des calculs.
Cet exemple illustre la capacité de SCIP à servir de socle d’optimisation durable, là où les contraintes courantes d’un VRP standard ne suffisent plus.
La traçabilité complète des décisions algorithmiques a également facilité les audits internes et externes, gommant les appréhensions liées à l’utilisation d’une « boîte noire ».
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Gouvernance du modèle : maintenabilité et évolutivité métier
Le vrai enjeu d’un solveur de VRP n’est pas tant son temps CPU, mais sa capacité à évoluer avec les règles métier et réglementaires.La maintenabilité du modèle sur le long terme conditionne la pérennité de l’optimisation dans l’organisation.
Évolutions métier et adaptation des contraintes
Les modèles explicites comme ceux de SCIP permettent d’ajouter ou de modifier des contraintes sans refondre l’ensemble de la formulation. En cas de changement de législation ou de process interne, on peut ainsi intégrer rapidement la nouvelle règle.
Avec OR-Tools, ces évolutions demandent souvent la réécriture de portions de code, générant un risque de régression et un surcoût en maintenance.
Une PME suisse dans le secteur agroalimentaire a dû adapter ses tournées pour prendre en compte des quotas d’hygiène variables selon la période de l’année. Son adoption de SCIP a permis d’insérer cette contrainte en quelques heures, contre plusieurs jours de refactoring envisagés avec un autre solveur.
Justification algorithmique et auditabilité
La transparence des variables et des contraintes dans un modèle SCIP simplifie la justification des résultats auprès des instances de contrôle, qu’il s’agisse de comités internes ou d’auditeurs externes.
La capacité à assurer la traçabilité des coupes et des bornes utilisées pendant la résolution renforce la confiance des décideurs métiers et financiers.
En revanche, les logs d’OR-Tools restent souvent cryptiques, limitant la compréhension fine des arbitrages faits par le moteur en cas de besoin d’explication détaillée.
Mise en production et exploitation opérationnelle
SCIP propose des interfaces pour déployer le solveur sous forme de microservice, avec gestion fine des ressources, planification des tâches et rollback en cas d’échec.
Les équipes opérationnelles peuvent suivre les runs, comparer les versions et déclencher des scénarios de secours si le solveur dépasse un seuil de temps ou de mémoire.
OR-Tools est plutôt conçu pour des batchs légers et des environnements de testing. Sa transformation en brique de production à haut niveau de service demande du travail supplémentaire sur la supervision et la résilience.
Comparaison stratégique : quel solveur pour quel profil de projet ?
Le choix entre OR-Tools et SCIP se fait selon la maturité du projet, la criticité des contraintes et la gouvernance souhaitée.Au final, la performance brute importe moins que la robustesse du modèle et sa capacité à survivre aux évolutions métier.
Performances vs complexité
OR-Tools brille dans les benchmarks où les contraintes sont standards et le besoin d’évolutions limité. Des milliers de points sont traités en quelques secondes, idéal pour des PoC et des études de faisabilité.
SCIP, en revanche, offre des résultats plus stables sur des cas complexes, malgré des temps de calcul plus élevés. Il permet d’atteindre une solution acceptable dans un horizon temps maîtrisé, avec une traçabilité exhaustive.
Les équipes doivent arbitrer entre la vélocité de prototypage et la pérennité de la solution en production.
Simplicité d’intégration vs contrôle fin
OR-Tools propose des APIs intuitives, mais cache la modélisation mathématique. SCIP demande une montée en compétences plus importante pour maîtriser les formulations avancées.
Lorsque l’objectif est de tester rapidement plusieurs scénarios ou d’intégrer à un back-end microservice .NET ou Python sans expertise RO, OR-Tools est souvent privilégié.
Pour des projets où chaque règle métier doit être formalisée et vérifiable, l’investissement dans la modélisation SCIP est rapidement amorti par la réduction des tickets de maintenance.
Critères de choix à long terme
Au-delà des seules performances, il convient d’évaluer la gouvernance du modèle : documentation, auditabilité, capacités d’extension et indépendance vis-à-vis du fournisseur.
SCIP, licence open source ou académique, limite le vendor lock-in et permet un contrôle total du code. OR-Tools, soutenu par Google, reste gratuit mais évolue selon la feuille de route Google, avec des risques de désalignement.
Chaque organisation doit aligner son roadmap IT sur le modèle choisi, en anticipant les évolutions métiers, les contraintes réglementaires et le besoin de transparence.
Surmontez vos défis logistiques grâce à un solveur durable
OR-Tools est un formidable catalyseur d’idées, permettant de valider rapidement des concepts et des scénarios pour vos tournées. SCIP constitue, pour sa part, un socle d’optimisation durable, garantissant la traçabilité, l’évolutivité et la résilience de votre modèle. Le bon choix dépend de votre niveau de maturité, de la criticité de vos contraintes métier et de votre besoin de gouvernance sur le long terme.
Quel que soit votre positionnement, nos experts Edana sont à vos côtés pour vous aider à définir l’architecture la plus adaptée, sélectionner le moteur optimal et accompagner la mise en production de votre solution d’optimisation.







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