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Matrice des parties prenantes : structurer l’influence pour sécuriser un projet

Auteur n°4 – Mariami

Par Mariami Minadze
Lectures: 5

Résumé – Tout projet IT navigue dans un écosystème d’acteurs aux pouvoirs variés, où résistances informelles et arbitrages non anticipés menacent délais, budget et adoption. La matrice intérêt/influence cartographie sponsors, utilisateurs clés et leviers informels pour ajuster communication, comités et niveaux d’engagement à chaque phase, du cadrage au déploiement, en veillant à actualiser régulièrement les profils émergents.
Solution : déployez dès l’idéation une matrice évolutive et une feuille de route d’engagement segmentée pour piloter l’influence, prévenir les blocages et sécuriser l’adhésion collective.

Tout projet IT ou de transformation digitale s’inscrit dans un réseau complexe d’acteurs aux motivations variées et parfois conflictuelles. Utiliser dès le démarrage une matrice des parties prenantes permet de dévoiler les leviers formels et informels qui influencent la réussite ou l’échec.

Au-delà de la simple classification, cet outil devient une carte stratégique pour décider qui impliquer, informer ou surveiller à chaque étape. En offrant une vision consolidée de l’écosystème décisionnel, la matrice prévient les résistances imprévues et optimise la gouvernance. Elle se révèle essentielle pour allouer les ressources de communication et d’engagement là où elles génèrent le plus de valeur et assurent l’adhésion collective.

Comprendre l’écosystème décisionnel via la matrice intérêt / influence

La matrice intérêt/influence dévoile les dynamiques cachées entre sponsors, exécutants et utilisateurs finaux. Elle structure la compréhension des pouvoirs formels et informels dès les premières phases du projet.

Identifier les sponsors et leur influence

Les sponsors détiennent souvent le pouvoir financier et la légitimité politique pour lancer et sécuriser un projet. Leur engagement budgétaire se traduit par un appui lors des arbitrages stratégiques. Comprendre leurs attentes aide à cadrer les objectifs et à anticiper les arbitrages qui interviendront en cas de conflit de priorités.

L’analyse du sponsor principal inclut l’évaluation de sa capacité à réallouer rapidement des ressources ou à soutenir publiquement le projet. Un sponsor fortement influent peut accélérer la prise de décision, mais il peut aussi imposer des changements de périmètre sans en mesurer l’impact technique. Documenter ces comportements oriente ensuite la communication et les livrables à produire.

Dans un projet de refonte d’un portail client, un département IT d’une entreprise suisse de services avait identifié un sponsor dont le soutien semblait acquis. Pourtant, son influence informelle auprès de la direction générale expliquait pourquoi il obtenait fréquemment des extensions de budget. La matrice a permis de formaliser ce levier et d’ajuster la gouvernance, évitant ainsi des demandes d’ajustement coûteuses.

Cartographier les utilisateurs clés

Les utilisateurs finaux sont souvent les premiers juges de la valeur opérationnelle du projet. Leur intérêt peut être élevé, même s’ils ne disposent pas d’un pouvoir hiérarchique significatif. Identifier ceux qui expriment un besoin fort garantit la pertinence fonctionnelle et évite les rejets massifs lors du déploiement.

La matrice permet de distinguer les utilisateurs pilotes, qui testeront les fonctionnalités structurantes, des utilisateurs secondaires, dont le feedback est utile mais moins critique. Cette segmentation oriente la réalisation de prototypes, de formations et le choix des indicateurs de satisfaction.

Par exemple, une PME industrielle helvétique a inclus dès la phase de cadrage deux superviseurs terrain identifiés comme influents auprès de leurs équipes. Leur implication a révélé des contraintes métier non documentées, ajustant le périmètre fonctionnel pour fluidifier l’adoption et réduire les incidents de formation.

Détecter les leviers informels

Au-delà des organigrammes, certains collaborateurs disposent d’une expertise pointue ou d’un réseau personnel influent. Leur opinion peut bloquer ou faciliter les arbitrages et générer des résistances masquées. La matrice révèle ces profils et le niveau d’attention à leur accorder.

Repérer ces acteurs informels implique d’observer les réunions transverses, les échanges internes et les retours informels des équipes. Ces signaux faibles constituent souvent des alertes précieuses sur des risques humains ou organisationnels sous-estimés.

Lors d’une transformation de l’ERP dans une institution publique suisse, un technicien support, peu visible hiérarchiquement, a freiné la mise en production en raison d’une crainte de perte de contrôle sur les incidents. La matrice a isolé son rôle comme levier informel, permettant de créer un canal de dialogue dédié et de lever rapidement ses objections.

Élaborer une stratégie d’engagement adaptée à chaque profil

La matrice ne sert pas uniquement à classer, mais à définir une feuille de route d’engagement précise. Elle oriente le choix des modes de communication et le niveau d’implication pour chaque partie prenante.

Impliquer étroitement les parties prenantes à forte influence

Les acteurs à haute influence et à fort intérêt doivent être intégrés aux comités de décision et aux ateliers de phase de cadrage. Ils participent activement aux choix techniques et aux jalons de validation. Leur engagement prévient les blocages et facilite les arbitrages rapides.

Pour ces profils, il est pertinent d’organiser des réunions dédiées et de leur fournir des indicateurs réguliers de performance projet. Documenter les points clés et les compromis validés renforce leur sentiment de contrôle et limite les demandes de modifications hors gouvernance.

En adaptant les livrables à leurs attentes—tableaux de bord synthétiques, démonstrations ciblées—vous construisez un partenariat durable, garant de l’adhésion lors des phases critiques.

Informer sans surcharge les acteurs à intérêt moyen

Les acteurs à intérêt moyen, souvent occupés par leurs responsabilités opérationnelles, doivent être tenus informés régulièrement sans être submergés de détails techniques. Leur soutien est utile pour valider des hypothèses et anticiper les impacts sur les processus.

Un bulletin mensuel synthétique ou un canal collaboratif dédié peut suffire. Il doit rappeler l’avancement, les décisions clés et les prochains jalons, tout en invitant ponctuellement à des ateliers ciblés lorsque leur contribution est nécessaire.

Cette mise à jour rationnée limite le risque de fatigue informationnelle et maintient leur confiance sans consommer trop de ressources de pilotage.

Gérer ponctuellement les profils à faible influence

Certains acteurs, bien que peu influents, peuvent générer des frictions ponctuelles s’ils se sentent exclus ou mal informés. Les maintenir dans une boucle légère, avec un reporting trimestriel ou une FAQ automatisée, permet de réduire les demandes ad hoc.

Un simple point de synchronisation asynchrone, via une newsletter interne ou un module de suivi projet, répond à leur besoin d’information sans mobiliser inutilement le chef de projet.

En adoptant cette approche sélective, on alloue les efforts de communication là où ils produisent le plus de valeur et on réduit le bruit organisationnel.

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Faire vivre la matrice tout au long du projet

La matrice des parties prenantes évolue avec le cycle de vie : idéation, exécution, déploiement. Un suivi régulier évite de piloter avec une carte obsolète et de sous-estimer de nouveaux risques humains.

Actualiser la matrice en phase d’idéation et cadrage

Au lancement, l’accent porte sur l’identification initiale des acteurs et la validation des hypothèses. Une première version de la matrice sert à structurer les ateliers de cadrage et à définir les comités de pilotage.

À ce stade, quelques itérations suffisent : on se concentre sur les leviers majeurs et on pose les bases d’une gouvernance claire. Chaque mise à jour doit être partagée avec les sponsors pour valider la logique d’engagement.

Cette première itération permet de sécuriser le financement et de fixer des jalons acceptés par tous, offrant ainsi une trajectoire commune et un socle de confiance.

Réévaluer pendant l’exécution

Lorsque le projet passe en mode exécution, de nouveaux acteurs peuvent émerger : chefs d’équipes techniques, consultants externes, référents métiers. Leur influence et leur intérêt doivent être réévalués périodiquement en fonction de l’avancement et des retours terrain.

Un point de revue de la matrice, aligné sur les sprints ou les phases clés, repère les évolutions d’intérêt et d’influence. Les changements sont ensuite communiqués aux parties prenantes concernées pour ajuster la stratégie d’engagement.

Cette démarche agile évite les mauvaises surprises et permet de réagir rapidement aux besoins non anticipés ou aux conflits latents.

Par exemple, une organisation publique suisse a constaté qu’un référent technique, jugé secondaire au démarrage, prenait une importance cruciale en phase de tests. La révision de la matrice a conduit à l’inviter aux comités techniques et à ajuster le planning des recettes.

Anticiper lors du déploiement et conduite du changement

À l’approche du déploiement, les enjeux d’adhésion sont maximaux. Les profils jusqu’ici marginaux peuvent devenir décisifs, notamment les responsables de formation, les équipes de support ou les utilisateurs clés.

La matrice guide alors la préparation des actions de conduite du changement : sessions de formation, guides pratiques, supports de communication ciblés. Les parties prenantes identifiées comme critiques reçoivent un accompagnement personnalisé.

En planifiant ces actions en amont, on réduit les résistances et on sécurise la montée en charge opérationnelle.

Réduire les risques en pilotant l’influence et la communication

Piloter l’influence permet d’anticiper les résistances et de minimiser les risques organisationnels. Des canaux de communication adaptés garantissent que chaque profil reçoit l’information dont il a besoin au bon moment.

Adapter le discours selon le niveau d’influence

Les messages stratégiques diffèrent selon que l’on s’adresse à la direction, aux managers ou aux opérateurs terrain. Pour les décideurs, l’accent porte sur les bénéfices métiers et les gains de performance. Pour les équipes d’exécution, on valorise la simplicité d’utilisation et le soutien opérationnel.

Un discours calibré renforce la crédibilité et évite les perceptions de décalage entre la vision stratégique et la réalité quotidienne.

En modulant le ton et le niveau de détail, on réduit les frustrations et on préserve l’adhésion à chaque étape du projet.

Établir des canaux de communication ciblés

Les canaux synchrones (réunions, ateliers) et asynchrones (newsletter, plateforme collaborative) doivent être choisis en fonction du profil et de l’urgence du message. Trop de réunions peuvent générer une surcharge, trop peu peuvent laisser des acteurs à l’écart.

Une charte de communication projet, définissant fréquence, format et destinataires, offre un cadre clair. Elle peut inclure des tableaux de bord, des échantillons de livrables et des points d’escalade pour les urgences.

Ce cadre structuré évite les circuits parallèles et garantit la transparence sur les décisions et les actions en cours.

Optimiser les comités de pilotage et comités ad hoc

Les comités de pilotage rassemblent les acteurs stratégiques pour valider les jalons et les arbitrages. Leur efficacité dépend d’un ordre du jour clair, d’un préwork commun et de comptes rendus structurés.

En parallèle, des comités ad hoc peuvent être créés pour traiter des points spécifiques (sécurité, formation, intégration). Ils réunissent uniquement les profils dont l’influence et l’intérêt sont pertinents pour le sujet.

Cette organisation modulaire permet de réduire la charge cognitive et de concentrer l’énergie décisionnelle là où elle est nécessaire.

Pilotez l’influence pour sécuriser vos projets stratégiques

Structurez dès l’idéation votre gouvernance autour d’une matrice des parties prenantes pour éviter les angles morts humains et politiques. En segmentant les acteurs selon leur intérêt et leur influence, vous définissez des modes d’engagement précis, optimisez la communication et anticipez les résistances.

La matrice évolutive, réévaluée à chaque phase, garantit une carte toujours à jour des forces et des risques. Elle devient l’outil central de votre pilotage stratégique, réduisant les réunions superflues et sécurisant l’adhésion collective.

Nos experts Edana accompagnent votre démarche, de la construction initiale de la matrice à son intégration dans votre cycle de vie projet. Nous adaptons chaque conseil à votre contexte, en privilégiant les solutions modulaires, open source et évolutives, pour un pilotage agile et sécurisé.

Parler de vos enjeux avec un expert Edana

Par Mariami

Gestionnaire de Projet

PUBLIÉ PAR

Mariami Minadze

Mariami est experte en stratégie digitale et en gestion de projet. Elle audite les écosystèmes digitaux d'entreprises et d'organisations de toutes tailles et de tous secteurs et orchestre des stratégies et des plans générateurs de valeur pour nos clients. Mettre en lumière et piloter les solutions adaptées à vos objectifs pour des résultats mesurables et un retour sur investissement maximal est sa spécialité.

FAQ

Questions fréquemment posées sur la matrice des parties prenantes

Comment structurer efficacement une matrice intérêt / influence en début de projet ?

Pour structurer une matrice intérêt / influence, commencez par recenser toutes les parties prenantes via des interviews et ateliers. Classez-les selon leur pouvoir décisionnel et leur niveau d’intérêt, puis validez cette cartographie avec les sponsors. Formalisez les critères dans un document partagé et mettez en place un format standard (tableur, outil collaboratif) pour assurer une cohérence sur tout le projet.

Quels critères retenir pour identifier les parties prenantes informelles clés ?

Au-delà de l’organigramme, repérez les relais informels en observant les échanges transverses, les retours spontanés et les réunions informelles. Évaluez leur expertise métier, leur réseau interne et leur historique de soutien ou de frein. Documentez ces signaux faibles dans la matrice pour anticiper les blocages et adapter votre stratégie de communication.

Comment maintenir la matrice des parties prenantes à jour durant le cycle de vie ?

Intégrez un point de revue de la matrice à chaque sprint ou phase clé du projet. Collectez les nouveaux acteurs, réévaluez influence et intérêt selon le contexte actuel, puis partagez les mises à jour avec les comités de pilotage. Un outil collaboratif open source facilite la traçabilité des modifications et garantit une vision à jour pour tous.

Quels indicateurs mesurer pour évaluer l’efficacité de la gouvernance via la matrice ?

Suivez le taux de participation des parties prenantes aux ateliers, le délai moyen de prise de décision et le nombre d’ajustements non planifiés. Mesurez la satisfaction via des enquêtes ciblées et le nombre d’incidents de gouvernance détectés. Ces KPI aident à calibrer les modes d’engagement et à démontrer la valeur ajoutée de la matrice.

Quelles erreurs éviter lors de la mise en œuvre d’une matrice des parties prenantes ?

Évitez une classification statique sans mise à jour, la sous-estimation des acteurs informels et la surcharge d’informations techniques pour les profils à faible intérêt. Ne négligez pas l’alignement régulier avec les sponsors et ne vous limitez pas à un simple tableur non partagé. Privilégiez un processus itératif et collaboratif.

Comment prioriser l’engagement selon le niveau d’influence et d’intérêt ?

Segmentez les parties prenantes en quatre quadrants : haut intérêt/haute influence à impliquer activement, haut intérêt/faible influence à informer régulièrement, faible intérêt/haute influence à surveiller et faible intérêt/faible influence à tenir au courant ponctuellement. Adaptez canaux et fréquence de communication pour optimiser l’effort d’engagement.

Comment intégrer l’approche open source et modulaire dans la stratégie d’engagement ?

Choisissez des outils de cartographie open source pour favoriser la transparence et la collaboration. Développez des modules sur mesure pour exporter les données vers vos systèmes internes. La modularité permet d’ajuster rapidement la matrice en fonction de l’évolution du projet, tout en conservant la traçabilité et la contribution de chaque partie prenante.

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