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Comment les CFO peuvent reprendre le contrôle des projets technologiques

Auteur n°3 – Benjamin

Par Benjamin Massa
Lectures: 5

Résumé – Face aux dérives budgétaires et à la perte de valeur quand la Finance reste spectatrice des projets technologiques, un pilotage tardif expose métiers et IT à des écarts coûts/bénéfices. Impliquer le CFO dès l’initiation, formaliser une charte de gouvernance Finance-IT, valider KPI métier et ROI prévisionnel, instaurer un journal de décisions et des revues trimestrielles garantit alignement stratégique et arbitrages agiles. Solution : confier au CFO le leadership digital pour cadrer la vision, piloter la feuille de route par indicateurs et assurer le suivi post go-live pour maximiser les gains et stabiliser l’adoption.

Dans de nombreuses organisations, les projets technologiques sont perçus comme de simples chantiers IT à financer, sans impliquer réellement la Finance dans leur pilotage. Cette approche conduit souvent à des dérives budgétaires, à une appropriation limitée par les métiers et à une perte durable de valeur.

Les CFO qui conservent une posture proactive transforment ces projets en leviers de performance, en gardant le centre de gravité du côté du business et en établissant une gouvernance claire avec l’IT. Ils interviennent dès l’initiation, arbitrent selon la valeur attendue et assurent un suivi continu après le go-live, garantissant l’atteinte durable des objectifs financiers et opérationnels.

Rôle stratégique de la finance au démarrage

La Finance doit reprendre la main sur la définition de la vision et des objectifs business. Le CFO n’est pas un simple garant budgétaire, mais un pilote de la transformation.

Vision et alignement stratégique

Lancer un projet ERP ou un outil financier sans validation formelle de la valeur attendue expose l’entreprise à des écarts importants entre attentes et réalité. En validant en amont les objectifs financiers, les KPI métier et les gains projetés, la Finance s’assure que chaque fonctionnalité participe au retour sur investissement global.

Cette étape nécessite une cartographie précise des processus impactés, un chiffrage des pertes de productivité temporaires et une estimation des bénéfices récurrents. Le CFO, en tant que sponsor visible, fixe ainsi un cap partagé entre directions opérationnelles et équipe IT.

Une vision explicitée dès l’initiation limite les arbitrages techniques contre-productifs et garantit que la solution retenue répond à la feuille de route financière de l’entreprise, quel que soit le périmètre fonctionnel couvert.

Rôles et responsabilités clairement définis

Sans définition claire des responsabilités, la Finance bascule rapidement en spectatrice, incapable d’influer sur les choix stratégiques ou les priorités. Le CFO doit donc formaliser le rôle de chaque partie prenante dans une charte de gouvernance projet.

Cette charte précise qui valide les changements de scope, arbitre les évolutions et mesure les écarts de budget. En l’absence de ces repères, les équipes IT peuvent accumuler des personnalisations coûteuses ou des développements non prioritaires.

En distinguant strictement le pilotage de la valeur (Finance) et l’exécution technique (IT), l’entreprise évite le glissement vers un CLI rapport client-fournisseur et conserve la maîtrise de son modèle opérationnel futur.

Illustration d’un cas

Une PME du secteur des services financiers a démarré le déploiement d’un nouvel ERP sans impliquer le CFO dans la définition des KPI clés. Résultat : le module de gestion des immobilisations, développé sur mesure, a été livré tardivement et à coût doublé, sans amélioration significative de la clôture financière.

Ce cas montre qu’un pilotage trop tardif par la Finance expose au risque de construire des fonctionnalités superflues. La société a dû organiser un comité de relance, définir un plan de rectification et abandonner plusieurs personnalisations, supprimant ainsi 20% des développements non alignés sur les objectifs business.

Cet exemple démontre l’importance d’un engagement fort du CFO dès la phase d’avant-projet pour cadrer la portée, identifier les quick wins et éviter les dérives dès les premiers ateliers fonctionnels.

Gouvernance partagée finance-it

Le partenariat entre Finance et IT doit reposer sur des règles de gouvernance partagée. Chaque décision technique s’évalue selon son impact sur la création de valeur.

Principes du partenariat structuré

Une relation saine entre Finance et IT n’est ni un rapport client–fournisseur ni un transfert de responsabilité. Elle se fonde sur une vision commune et des arbitrages itératifs, où la Finance porte la feuille de route de valeur et l’IT propose les solutions techniques.

Le CFO participe aux comités de pilotage, valide les budgets de personnalisation et veille à ce que chaque investissement réponde à une analyse coût-bénéfice rigoureuse. Les échanges réguliers évitent les décisions unilatérales et maintiennent la cohérence entre objectifs métiers et choix technologiques.

Cette approche réduit la dépendance aux prestataires externes en limitant les développements non justifiés et en favorisant le recours à des briques open source et modulaires, alignées sur les priorités stratégiques.

Mécanismes de gouvernance partagée

La création d’un journal de décisions constitue un outil simple mais puissant pour conserver une trace de tous les arbitrages. Chaque évolution de scope, chaque dérogation budgétaire ou technique y est consignée et justifiée par un ROI estimé.

Par ailleurs, l’introduction de revues trimestrielles permet de réévaluer la roadmap selon les résultats obtenus et les besoins métier. Le CFO dispose ainsi d’indicateurs concrets sur l’avancement, le respect des budgets et la valeur créée, tandis que l’IT ajuste ses priorités en conséquence.

Ces mécanismes garantissent une gouvernance agile : l’entreprise peut arbitrer rapidement, arrêter un module sous-performant et réallouer les ressources vers des gains plus prometteurs.

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Indicateurs et arbitrages ROI continus

Les décisions doivent se prendre sur la base d’indicateurs financiers et opérationnels clairs. Le CFO doit définir et suivre des métriques adaptées à chaque phase du projet.

Définir des indicateurs de succès appropriés

Avant le lancement, le CFO fixe des KPI quantifiables : réduction du délai de clôture, diminution des erreurs de saisie, gain de productivité par utilisateur, etc. À chaque jalon, les écarts entre les prévisions et les résultats réels sont mesurés puis analysés en comité. Les écarts négatifs sont corrigés par des actions immédiates, tandis que les écarts positifs peuvent conduire à réallouer des ressources vers d’autres optimisations.

Cet observatoire permet d’anticiper les surcoûts et d’éviter les surprises budgétaires. Il établit un dialogue factuel entre Finance, IT et métiers, fondé sur des données tangibles.

Processus d’arbitrage agile

Quand un scénario inattendu survient (par exemple, un retard technique ou un nouveau besoin métier), un processus d’arbitrage agile facilite la prise de décision.

Ce processus s’appuie sur des scénarios « what-if » préalimentés : chaque variante de scope est chiffrée en coût additionnel et en bénéfice estimé. Les acteurs disposent ainsi d’un référentiel pour choisir la voie offrant le meilleur ratio valeur/coût.

En agissant ainsi, l’entreprise reste maître de son budget, ralentit moins le projet en l’absence d’accord et maintient le focus sur les enjeux prioritaires.

Pérenniser la valeur après le go-live

La réussite d’un projet ne se mesure pas au go-live, mais à la réalisation effective des bénéfices. Le CFO doit piloter la stabilisation, l’adoption et la qualité des données.

Gouvernance post go-live et stabilisation

Au moment de la mise en production, les processus seront stabilisés grâce à un comité de suivi dédié. La Finance valide le plan de transition opérationnelle et la montée en compétence des équipes métier.

Cette phase permet de corriger les dysfonctionnements résiduels, d’affiner les paramétrages et de garantir la robustesse des interfaces. Sans implication financière, les gouvernances traditionnelles risquent de laisser passer des anomalies coûteuses à rectifier plus tard.

Suivi de l’adoption et de la qualité des données

L’adoption par les métiers se mesure à des indicateurs tels que le taux d’utilisation des fonctionnalités clés, la fréquence des erreurs de saisie ou le nombre de tickets ouverts. La Finance suit ces données pour confirmer que les gains escomptés se matérialisent.

Parallèlement, un audit régulier de la qualité des données vérifie la cohérence, la complétude et la fiabilité des informations utilisées pour les reportings. Des processus de nettoyage et de gouvernance des données doivent être instaurés pour préserver la valeur du projet sur le long terme.

Transformer le financement IT en levier de performance durable

Un CFO engagé active la création de valeur dès l’initiation, définit une gouvernance partenariale avec l’IT, oriente chaque décision selon des indicateurs de ROI et assure un suivi post go-live.

Dans un contexte suisse où rigueur financière, fiabilité des données et maîtrise des risques sont essentielles, ce leadership digital est plus qu’un atout : il conditionne la réussite de la transformation numérique.

Nos experts sont à vos côtés pour vous aider à structurer votre gouvernance, définir vos indicateurs de succès et piloter durablement vos projets technologiques.

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Par Benjamin

PUBLIÉ PAR

Benjamin Massa

Benjamin est un consultant en stratégie senior avec des compétences à 360° et une forte maîtrise des marchés numériques à travers une variété de secteurs. Il conseille nos clients sur des questions stratégiques et opérationnelles et élabore de puissantes solutions sur mesure permettant aux entreprises et organisations d'atteindre leurs objectifs et de croître à l'ère du digital. Donner vie aux leaders de demain est son travail au quotidien.

FAQ

Questions fréquemment posées sur le pilotage finance-it

Comment un CFO peut-il définir les KPI pour un projet technologique?

Le CFO identifie les indicateurs clés avant le lancement : réduction du délai de clôture, diminution des erreurs de saisie, gain de productivité par utilisateur. Il cartographie les processus impactés, fixe des objectifs quantifiables et formalise ces KPI dans le comité de pilotage. À chaque jalon, les résultats sont comparés aux prévisions pour ajuster immédiatement les actions et réorienter les priorités selon la valeur créée.

Quels rôles la charte de gouvernance joue-t-elle dans la collaboration Finance-IT?

La charte de gouvernance définit clairement les responsabilités de chaque partie : qui valide les changements de périmètre, qui arbitre les évolutions, qui mesure les écarts budgétaires. Elle formalise le pilotage de la valeur porté par la Finance et l’exécution technique déléguée à l’IT. Cette clarté organisationnelle limite les dérives, évite les développements non prioritaires et assure l’alignement sur la feuille de route financière.

Comment évaluer le ROI d’un module ERP avant son développement?

Pour estimer le ROI, le CFO chiffre les coûts directs (licences, développement, formation) et indirects (pertes de productivité temporaires), puis projette les gains récurrents (réduction des délais, baisse des erreurs, économies de ressources). Chaque scénario est modélisé avec des hypothèses de coûts et de bénéfices, validé en comité de pilotage et comparé via un ratio valeur/coût pour choisir la solution la plus rentable.

Quelles sont les étapes clés d’un arbitrage agile en cas de surcoûts?

En cas de dérive, on active un processus d’arbitrage agile : présentation des scénarios « what-if » chiffrés, comité décisionnel Finance-IT, analyse des impacts valeur/coût et sélection de l’option optimale. La journalisation des décisions garantit la traçabilité. Les revues trimestrielles permettent de réévaluer la roadmap et de réaffecter les ressources vers les modules à plus fort potentiel.

Pourquoi privilégier l'open source et les solutions modulaires?

L’open source et les architectures modulaires offrent flexibilité, sécurité et évolutivité. Elles réduisent les coûts de licence, évitent la dépendance à un éditeur unique et facilitent l’intégration de nouvelles fonctionnalités. En combinant briques standard et développements sur-mesure, l’entreprise conserve la maîtrise de son système, tout en ajustant rapidement ses outils aux priorités stratégiques.

Comment assurer le suivi post go-live pour garantir les bénéfices?

Après le go-live, un comité de suivi valide la stabilisation des processus, pilote la formation des équipes et contrôle la qualité des données. Le CFO suit des indicateurs tels que le taux d’utilisation des fonctionnalités clés, le nombre de tickets et les erreurs de saisie. Des audits réguliers garantissent la cohérence des données et l’atteinte des bénéfices attendus.

Quels pièges éviter lors de la personnalisation d’une solution sur-mesure?

Il faut se méfier des développements superflus non alignés sur les KPI financiers. Toute personnalisation doit être justifiée par un ROI clair et validée en amont. Sans pilotage financier, les surcoûts s’additionnent et complexifient la maintenance. Priorisez les quick wins à faible coût et les fonctionnalités critiques pour limiter les risques.

Comment la finance peut-elle limiter la dépendance aux prestataires externes?

La Finance encourage l’usage de briques open source et de standards modulaires pour réduire les coûts de licence et de maintenance. Elle formalise un plan de transfert de compétences vers les équipes internes et organise des revues régulières pour valider la valeur des prestations. Cette approche mixte renforce l’autonomie de l’entreprise et limite les effets de verrouillage fournisseur.

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