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Architecture serverless : le socle invisible de la scalabilité et de l’agilité business

Auteur n°16 – Martin

Par Martin Moraz
Lectures: 3

Résumé – La scalabilité automatique et la facturation « pay per execution » rendent le serverless essentiel pour qui vise flexibilité, réactivité et maîtrise budgétaire sans la gestion d’infrastructure. En s’appuyant sur des services managés (FaaS, BaaS), un modèle event-driven et une architecture modulaire, il supprime les tâches d’exploitation, garantit montée en charge instantanée et ouvre la voie à l’edge computing, à l’IA et aux architectures multi-cloud, à condition d’anticiper cold starts, observabilité et sécurité.
Solution : audit initial → déploiement sur mesure de fonctions serverless → tuning cold starts & monitoring distribué → intégration edge/IA pour un écosystème agile et scalable.

Dans un contexte où la flexibilité et la réactivité sont devenues des enjeux stratégiques, l’architecture serverless s’impose comme une évolution naturelle du cloud. Au-delà du mythe du « sans serveur », elle repose sur des services managés (FaaS, BaaS) capables de traiter dynamiquement les événements et de s’ajuster automatiquement aux pics de charge.

Pour les entreprises de taille moyenne à grande, le serverless transforme le modèle économique du cloud, en passant d’une facturation à la ressource provisionnée à une facturation « pay per execution ». Cet article décrypte les principes du serverless, ses impacts business, ses limites à maîtriser et ses perspectives avec l’edge computing, l’intelligence artificielle et les architectures multi-cloud.

Comprendre l’architecture serverless et ses fondements

Le serverless repose sur des services managés où les fournisseurs cloud prennent en charge la maintenance et la dimension infrastructure. Il permet aux équipes de se concentrer sur la logique métier et de concevoir des applications événementielles, découplées et modulaires.

L’évolution du cloud vers le serverless

Les premières générations de cloud ont reposé sur l’IaaS (Infrastructure as a Service), où l’entreprise gère machines virtuelles et systèmes d’exploitation.

Le serverless, quant à lui, abstrait complètement l’infrastructure. Les fonctions à la demande (FaaS) ou les services gérés (BaaS) exécutent le code en réponse à des événements, sans qu’il soit nécessaire de gérer la montée en charge, les patchs ou l’orchestration des serveurs.

Cette évolution se traduit par une réduction drastique des tâches d’exploitation et une granularité d’exécution fine, chaque appel déclenchant une facturation au plus près de la consommation réelle de ressources, comme dans la migration vers les microservices.

Principes clés du serverless

Le modèle event-driven est au cœur du serverless. Toute action — requête HTTP, dépôt de fichier, message dans une file — peut déclencher une fonction, apportant une grande réactivité aux architectures microservices.

L’abstraction des conteneurs et des instances rend l’approche cloud-native : les fonctions sont empaquetées rapidement et isolées, garantissant résilience et montée en charge automatique.

L’utilisation de services managés (stockage, bases de données NoSQL, API gateway) permet de construire un écosystème modulaire. Chaque composant peut être mis à jour indépendamment sans impacter la disponibilité globale, selon les bonnes pratiques d’API-first integration.

Cas d’usage concret

Une entreprise de distribution a externalisé le traitement d’événements de ses bornes de commande vers un service FaaS. Elle a ainsi éliminé la gestion de serveurs en heures creuses et répondu instantanément aux pics de trafic lors des opérations promotionnelles.

Ce choix a démontré qu’une plateforme serverless peut absorber en temps réel les variations de charge sans surdimensionnement, tout en simplifiant les cycles de déploiement et en réduisant les points de défaillance.

L’exemple illustre également la capacité à itérer rapidement sur les fonctions et à intégrer de nouvelles sources d’événements (mobile, IoT) sans refonte majeure.

Bénéfices business et optimisation économique

La scalabilité automatique garantit la disponibilité continue, même en cas de pics d’usage exceptionnels. Le modèle « pay per execution » optimise les coûts en alignant directement la facture sur la consommation réelle de votre application.

Scalabilité automatique et réactivité

Avec le serverless, chaque fonction s’exécute dans un environnement dédié, mis en route à la demande. Dès qu’un événement survient, le provider provisionne automatiquement les ressources requises.

Cette capacité permet d’absorber des pointes d’activité sans prévision manuelle ni coûts de serveur inactif, garantissant un service fluide pour les utilisateurs finaux et une continuité de l’expérience malgré la variabilité des usages.

Les délais de provisionnement, généralement mesurés en millisecondes, assurent une mise à l’échelle quasi instantanée, clé pour les applications critiques et les campagnes marketing dynamiques.

Modèle économique à l’exécution

À la différence de l’IaaS où la facturation repose sur des instances allumées en continu, le serverless ne facture que le temps d’exécution et la quantité de mémoire consommée par les fonctions.

Cette granularité se traduit par une diminution des coûts d’infrastructure pouvant atteindre 50 % selon le profil de charge, surtout pour des usages ponctuels ou saisonniers.

Les entreprises obtiennent une meilleure lisibilité budgétaire, car chaque fonction devient un poste de dépense indépendant, aligné sur les objectifs métier plutôt que sur la gestion d’actifs techniques, comme l’explique notre guide pour obtenir un budget IT.

Cas d’usage concret

Un organisme de formation a migré son service d’envoi de notifications vers un backend FaaS. La facturation a chuté de plus de 40 % par rapport à l’ancien cluster dédié, démontrant l’efficience du modèle « pay per execution ».

Ce gain a permis de réallouer une partie du budget infrastructure vers le développement de nouveaux modules pédagogiques, valorisant directement l’innovation métier.

L’exemple montre également qu’un investissement initial minimal en adaptation peut libérer des ressources financières significatives pour des projets à plus forte valeur ajoutée.

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Limites et défis à maîtriser

Les cold starts peuvent impacter la latence initiale des fonctions si elles ne sont pas anticipées. L’observabilité et la sécurité requièrent de nouveaux outils et pratiques pour une visibilité et un contrôle complets.

Cold starts et enjeux de performance

Lorsqu’une fonction n’a pas été invoquée depuis un certain temps, le provider doit la réhydrater, provoquant un délai de « cold start » pouvant atteindre plusieurs centaines de millisecondes.

Dans des scénarios temps réel ou à très faible latence, cet impact peut être perceptible et doit être compensé via du préchauffage, de la provisioned concurrency ou en combinant functions et containers plus persistants.

L’optimisation du code (taille du package, dépendances allégées) et le paramétrage des niveaux de mémoire influent également sur la rapidité de démarrage et la performance globale.

Observabilité et traçabilité

Le découpage en microservices serverless complique la corrélation des événements. Les logs, traces distribuées et métriques doivent être centralisés grâce à des outils adaptés (OpenTelemetry, services managés de monitoring), visualisés dans un tableau de bord IT.

Cas d’usage concret

Une administration publique a initialement souffert de cold starts sur des API critiques en heures creuses. Après avoir activé un préchauffage et ajusté la configuration mémoire, la latence a chuté de 300 à 50 millisecondes.

Ce retour d’expérience démontre qu’une phase de tuning post-déploiement est incontournable pour répondre aux exigences de performance des services publics et garantir la qualité de service.

L’exemple souligne l’importance d’une surveillance proactive et d’une collaboration étroite entre architectes cloud et équipes opérations.

Vers le futur : edge, IA et multi-cloud serverless

Le serverless constitue le socle idéal pour déployer des fonctions à la périphérie du réseau, réduire encore la latence et traiter les données au plus près de leur source. Il facilite également l’intégration de modèles d’intelligence artificielle à la demande et l’orchestration d’architectures multi-cloud.

Edge computing et latence minimale

En associant serverless et edge computing, il devient possible d’exécuter des fonctions dans des points de présence géographiquement proches des utilisateurs ou des objets connectés.

Cette approche réduit la latence de bout en bout et limite les flux de données vers les datacenters centraux, optimisant la bande passante et la réactivité des applications critiques (IoT, vidéo, jeux en ligne), tout en explorant des déploiements en cloud hybride.

IA serverless : flexibilité des modèles

Les services de machine learning managés (inférence, training) peuvent être invoqués en mode serverless, supprimant la nécessité de gérer des clusters GPU ou des environnements complexes.

Les modèles pré-entraînés de reconnaissance d’images, de traduction ou de génération de texte deviennent accessibles via des API FaaS, permettant un passage à l’échelle transparent lorsque le volume d’appels augmente.

Cette modularité encourage des usages innovants, comme l’analyse en temps réel de données vidéo ou la personnalisation dynamique des recommandations, sans investissement upfront lourd, comme expliqué dans notre article sur l’IA en entreprise.

Cas d’usage concret

Un canton a déployé une solution d’analyse d’images de flux de caméras en edge, combinant serverless et AI pour détecter anomalies et incidents en temps réel.

Ce déploiement a réduit la charge réseau de 60 % en traitant localement les flux, tout en maintenant un apprentissage continu des modèles grâce à une orchestration multi-cloud.

Ce cas met en lumière la synergie entre serverless, edge et IA pour répondre aux besoins de sécurité et de scalabilité des infrastructures publiques.

Architectures serverless : pilier de votre agilité et scalabilité

L’architecture serverless permet de réconcilier rapidité de mise en œuvre, optimisation économique et montée en charge automatique, tout en ouvrant la voie aux innovations via l’edge computing et l’intelligence artificielle. Les principaux défis — cold starts, observabilité et sécurité — se maîtrisent avec des bonnes pratiques de tuning, des outils de monitoring distribués et des dispositifs de conformité adaptés.

En adoptant une démarche contextualisée, fondée sur l’open source et la modularité, chaque organisation peut construire un écosystème hybride, évitant le vendor lock-in et garantissant performance et longévité.

Nos experts Edana accompagnent les entreprises dans la définition et la mise en œuvre d’architectures serverless, de l’audit initial à la phase de tuning post-déploiement. Ils vous aident à concevoir des solutions résilientes, évolutives et parfaitement alignées avec vos enjeux métier.

Parler de vos enjeux avec un expert Edana

Par Martin

Architecte d'Entreprise

PUBLIÉ PAR

Martin Moraz

Avatar de David Mendes

Martin est architecte d'entreprise senior. Il conçoit des architectures technologiques robustes et évolutives pour vos logiciels métiers, SaaS, applications mobiles, sites web et écosystèmes digitaux. Expert en stratégie IT et intégration de systèmes, il garantit une cohérence technique alignée avec vos objectifs business.

FAQ

Questions fréquemment posées sur l’architecture serverless

Quel gain de scalabilité attendre d'une architecture serverless?

Le serverless offre une montée en charge automatique à la demande, avec des délais de provisionnement souvent milliseconde. Vous pouvez absorber des pics d’activité sans surdimensionnement préalable ni coût de serveur inactif. Chaque fonction s’exécute dans un environnement dédié, permettant de délivrer un service fluide même sous trafic variable et d’ajuster en temps réel la capacité selon les besoins métier.

Comment évaluer la faisabilité serverless pour mes applications métiers?

Commencez par identifier les workflows événementiels : API, traitement en batch, événement IoT... Le serverless convient aux architectures event-driven et microservices stateless. Analysez les dépendances externes, les besoins en latence et les volumes de données. Vérifiez que vos fonctions peuvent être découpées de façon modulaire. Enfin, réalisez un prototype pour mesurer performances et coûts en conditions réelles avant un déploiement à grande échelle.

Quels indicateurs suivre pour piloter un environnement serverless?

Surveillez le nombre d’invocations, la durée d’exécution moyenne, la consommation mémoire et le taux de cold starts. Complétez avec le coût par exécution et la latence initiale afin d’optimiser vos configurations. Intégrez des outils d’observabilité (OpenTelemetry, services managés) pour centraliser logs, traces distribuées et métriques, facilitant l’identification rapide des goulets d’étranglement et l’ajustement proactif des ressources.

Comment limiter l’impact des cold starts dans une solution serverless?

Pour réduire la latence initiale, activez le préchauffage ou la provisioned concurrency sur vos plateformes cloud. Allégez vos packages en supprimant les dépendances inutiles et optimisez la mémoire attribuée à chaque fonction. Vous pouvez également combiner fonctions et conteneurs persistants pour les services critiques. Un monitoring régulier vous aidera à ajuster ces mécanismes en fonction de votre trafic et des niveaux de performance attendus.

Quels risques de sécurité associer au serverless et comment les maîtriser?

Le découplage et l’usage intensif d’APIs exposent votre surface d’attaque. Appliquez le principe du moindre privilège via des rôles IAM granulaires, chiffrez les données en transit et au repos, et isolez chaque fonction pour limiter les blast radius. Implémentez des pare-feu applicatifs (WAF) et des scans de vulnérabilités dans votre pipeline CI/CD. Enfin, utilisez des outils de monitoring en temps réel pour détecter toute activité anormale.

En quoi une approche open source renforce la portabilité d'une architecture serverless?

Les frameworks open source (OpenFaaS, Kubeless, Fn Project) reposent sur des standards comme Kubernetes et Knative. Ils évitent le vendor lock-in en offrant la même couche d’orchestration sur plusieurs clouds ou en on-premise. Vous conservez la maîtrise de votre code et de votre infrastructure, tout en profitant d’un écosystème communautaire riche. Cette modularité facilite la migration et l’intégration de nouveaux services.

Comment intégrer des services d’IA et d’edge computing dans un environnement serverless?

Combinez vos fonctions FaaS avec des API de machine learning managées pour l’inférence en temps réel, sans gérer de clusters GPU. Pour l’edge, déployez vos fonctions sur des points de présence proches des utilisateurs ou des objets connectés (Cloudflare Workers, AWS Lambda@Edge). Vous réduisez la latence et limitez les flux vers le datacenter. Orchestration multi-cloud et pipelines CI/CD permettent d’harmoniser ces deployments.

Quelles erreurs courantes éviter lors de la migration vers le serverless?

Ne négligez pas l’observabilité : sans corrélation d’événements, le debug devient complexe. Évitez les fonctions monolithiques, sous-dimensionnées ou surchargées de dépendances. Prévoyez une phase de tuning post-déploiement : tests de charge, ajustement de mémoire et préchauffage. N’ignorez pas les problématiques de vendor lock-in et de coûts imprévus liés aux appels externes. Documentez bien votre architecture pour faciliter la maintenance à long terme.

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