Résumé – Pour répondre aux exigences réglementaires et métiers, les DSI doivent concilier souveraineté des données, agilité et performance GenAI. L’infrastructure hybride associant on-premise, clouds souverains européens et enclaves hyperscalers, combinée aux LLM open source et à un écosystème logiciel modulaire, assure élasticité, contrôle granulaire et traçabilité.
Solution : audit du stack existant → classification des workloads → déploiement progressif d’une GenAI souveraine via pipelines CI/CD orchestrés.
Le concept de GenAI souveraine redéfinit l’approche des entreprises face à l’intelligence artificielle : il ne s’agit pas de fuir systématiquement les hyperscalers, mais de bâtir une stratégie hybride et progressive. En combinant on-premise, clouds souverains européens et offres dédiées des géants du cloud, les organisations gardent la main sur leurs données sensibles tout en bénéficiant d’élasticité et de scalabilité. Cette approche permet de concilier autonomie technologique et agilité opérationnelle, condition indispensable pour répondre aux enjeux métiers et réglementaires actuels.
Une infrastructure hybride pour une souveraineté matérielle
La souveraineté matérielle passe par un mix maîtrisé d’environnements on-premise, souverain clouds européens et offres dédiées des hyperscalers. Ce panorama hybride garantit la confidentialité des données critiques tout en préservant l’élasticité nécessaire aux projets GenAI.
Dans la réalité de 66 % des entreprises, l’infrastructure n’est plus uniquement on-premise ou cloud : elle est un puzzle de solutions physiques et virtualisées réparties selon la criticité des workloads. Cette segmentation permet de répondre à la fois aux exigences de performance, à la résilience opérationnelle et aux contraintes réglementaires liées à la localisation des données.
La réalité du mix on-premise et cloud souverain
Les systèmes on-premise restent incontournables pour les données aux exigences de sécurité extrême ou soumises à des contraintes légales très strictes. Ils offrent un contrôle absolu sur le cycle de vie des informations et sur les configurations matérielles utilisées. Toutefois, leur capacité de montée en charge est limitée et les coûts d’exploitation peuvent grimper rapidement lorsque la demande explose.
À l’inverse, les souverain clouds gérés par des acteurs européens enrichissent l’offre on-premise sans sacrifier la localisation et la protection des données. Ils proposent des SLA comparables aux hyperscalers classiques, avec l’avantage d’un hébergement conforme aux normes RGPD, BDSG ou PIPEDA. Ces clouds deviennent un terrain de jeu idéal pour héberger des modèles d’IA et des pipelines de données prétraitées.
La gouvernance matérielle de ce mix impose toutefois une supervision centralisée. Les solutions de gestion multi-cloud permettent d’unifier les opérations, d’orchestrer les déploiements et de surveiller la consommation de manière granulaires. Cette couche de pilotage, souvent orchestrée via des outils d’infrastructure-as-code, est un prérequis pour exploiter efficacement un environnement distribué.
Progrès des souverain clouds européens
Depuis quelques années, les offres souveraines européennes ont franchi un cap en termes de services managés et de couverture géographique. Des fournisseurs comme StackIT ou IONOS proposent désormais des solutions GPU et AI-ready, facilitant le déploiement de clusters Kubernetes pour l’entraînement de modèles de grande taille. L’absence de barrières de sortie et de clauses de localisation obscures rend l’approche plus sereine pour les DSI.
Ces clouds intègrent souvent des services natifs de chiffrement à la volée et de tokenisation des données, réduisant la sensibilité au vol ou à l’exploitation frauduleuse. Ils s’alignent également sur les certifications ISO 27001 et TISAX, attestant d’un niveau de sécurité équivalent à celui des hyperscalers traditionnels. Cette montée en gamme ouvre la voie à un usage plus large pour la GenAI.
La tarification de ces environnements devient de plus en plus compétitive, notamment grâce à l’optimisation des datacenters et à l’utilisation d’énergies renouvelables. Le TCO y gagne en prévisibilité, principalement lorsqu’on compare le coût global de la propriété incluant le hardware, la maintenance et les besoins en énergie.
Offres souveraines des hyperscalers
Les hyperscalers eux-mêmes proposent désormais des clouds “souverains” adaptés aux contraintes réglementaires locales. AWS Local Zones, Google Distributed Cloud ou Microsoft Azure Confidential Computing offrent des enclaves cryptées, isolées et gérées selon les exigences des autorités nationales. Ces services facilitent la coexistence avec les architectures hybrides déjà en place.
Un grand groupe industriel suisse a expérimenté l’une de ces enclaves pour héberger un modèle de recommandation client traitant des données de santé interne. L’initiative a démontré qu’il était possible de bénéficier de la puissance GPU des hyperscalers tout en maintenant une séparation stricte des données sensibles. Cette expérience illustre la faisabilité d’une coexistence contrôlée entre performance cloud et exigences de souveraineté.
Les DSI peuvent ainsi allouer leurs workloads selon le degré de criticité : entraînement intensif sur l’enclave hyperscaler, inférence légère sur un cloud souverain européen, et stockage des données les plus sensibles en local. Cette granularité renforce le contrôle et limite le vendor lock-in.
Écart performance modèles open source
L’écart de performance entre modèles propriétaires (OpenAI, Google) et open source (Llama, Mistral, DeepSeek) atteint désormais 95 % pour de nombreux cas d’usage B2B. Cette convergence permet d’envisager des scénarios où l’innovation se diffuse quasiment en temps réel dans l’écosystème open source.
Depuis quelques mois, les modèles open source ont bénéficié d’améliorations substantielles, tant sur la qualité linguistique que sur l’efficacité des mécanismes d’attention. Les benchmarks internes des équipes de recherche ont confirmé cette tendance, validant l’usage de ces LLM pour des tâches de génération, classification et analyse de texte à grande échelle.
Performance des LLM open source pour les cas d’usage B2B
Les usages métier tels que la génération de résumés, la classification de tickets ou l’aide à la rédaction technique exploitent des volumes de données structurés et semi-structurés. Dans ce contexte, des variantes de Mistral ou Llama fine-tunées sur des données sectorielles offrent un ratio performance/coût très compétitif. Elles peuvent être déployées en local ou sur un souverain cloud pour maîtriser les accès.
Une organisation gouvernementale suisse a mis en place un pipeline de réponse automatisée pour les demandes d’information citoyennes, entraîné sur un modèle LLM open source. Cette initiative a démontré que les temps de latence et la pertinence des réponses étaient comparables à une solution propriétaire, tout en préservant l’intégralité des logs au sein d’un cloud souverain.
Au-delà de la performance brute, le contrôle granulaire des poids et des paramètres garantit une traçabilité complète des décisions IA, un impératif pour les secteurs régulés. Cette transparence est un atout majeur lors des audits et pour la confiance des parties prenantes.
Cycles d’innovation et transfert de progrès
Les annonces de nouveaux raffinements ou architectures ne restent plus confinées aux laboratoires : elles sont répliquées dans les communautés open source en quelques mois. Les optimisations de quantification, la compression des modèles et les algorithmes de distillation se diffusent rapidement, réduisant le fossé avec les offres propriétaires.
Ce mouvement collaboratif permet d’accélérer les mises à jour et de bénéficier d’optimisations matérielles spécifiques (par exemple, l’exploitation des instructions AVX512 ou des GPU à architecture Ampere) sans dépendre d’un unique fournisseur. Les entreprises peuvent ainsi bâtir une roadmap IA évolutive et fédérer les contributions internes.
La modularité de ces modèles, souvent packagés en micro-services, facilite l’ajout de composants spécialisés (vision, audio, code). Cette flexibilité technique est un levier de compétitivité, car elle autorise des expérimentations rapides sans engager de dépenses de licence excessives.
Interopérabilité et contrôle des modèles
Le recours à des frameworks comme ONNX ou Triton Inference Server standardise l’exécution des modèles, qu’ils soient open source ou propriétaires. Cette couche d’abstraction permet de changer de backend sans refactorisation majeure et de basculer d’une offre à l’autre selon la charge ou les contraintes de coût.
La possibilité de chiffrer les poids et de contrôler les versions installées renforce la chaîne de confiance. Les entreprises peuvent intégrer des mécanismes de signature numérique pour garantir l’intégrité des artefacts IA, répondant ainsi aux exigences des normes de cybersécurité.
En adoptant ces standards ouverts, on s’assure de préserver la liberté de choix et la portabilité des modèles, deux piliers d’une stratégie GenAI souveraine réussie.
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Écosystème logiciel open source GenAI
Un écosystème logiciel basé sur des briques open source (LangChain, LlamaIndex, Ollama, AutoGPT) constitue le socle d’une GenAI robuste et modulable. Ces composants offrent une orchestration, une observabilité et une gouvernance adaptées aux exigences “enterprise grade”.
L’utilisation de ces frameworks permet de construire des chaînes de traitement de données, d’intégrer des appels de modèles, de superviser les ressources et de tracer chaque requête pour assurer auditabilité et conformité. L’industrialisation de ces workflows nécessite toutefois une expertise en sécurité, en scalabilité et en gouvernance des modèles.
LangChain et LlamaIndex pour orchestrer les pipelines
LangChain fournit un moteur d’orchestration pour enchaîner des appels à différents modèles, enrichir les prompts ou gérer des boucles de rétroaction. LlamaIndex, quant à lui, facilite l’ingestion et la recherche dans des corpus hétérogènes, qu’il s’agisse de documents PDF, de bases de données SQL ou d’API externes.
Une institution financière suisse a mis en place un assistant virtuel interne s’appuyant sur cette combinaison. Le pipeline ingérait les dossiers clients, interrogeait des modèles fine-tunés et renvoyait des synthèses réglementaires en temps réel. Cette architecture a démontré qu’il est possible de traiter des volumes critiques tout en conservant une traçabilité complète des données et des décisions.
Grâce à ces briques, la maintenance du workflow est simplifiée : chaque étape est versionnée et testable indépendamment, et l’ajout ou le remplacement d’un modèle se fait sans refonte totale de l’architecture.
Ollama, AutoGPT et automatisation des workflows
Ollama facilite le déploiement de modèles open source locaux, en gérant le téléchargement, l’exécution et la mise à jour des artefacts. AutoGPT, pour sa part, permet d’automatiser des séquences complexes, comme le suivi de tickets, la génération de rapports ou l’orchestration de tâches batch.
En combinant ces outils, il devient possible de créer un cycle “data-to-decision” entièrement automatisé : collecte, nettoyage, contextualisation, inférence et restitution. Les logs générés à chaque étape alimentent ensuite des dashboards d’observabilité, indispensables pour la surveillance en production.
Cette automatisation réduit les interventions manuelles, accélère le time-to-market des nouvelles fonctionnalités et garantit une traçabilité fine de chaque interaction avec le modèle.
Sécurité, observabilité et gouvernance dans un écosystème modulaire
Le déploiement en production de pipelines GenAI exige une politique de sécurité rigoureuse : isolation des conteneurs, chiffrement des communications inter-services et authentification forte pour les appels API. Les outils open source s’intègrent généralement avec les solutions de vaulting et de secrets management.
L’observabilité passe par la collecte de métriques (latence, taux d’erreur, consommation de ressources) et de traces distribuées. Des solutions comme Prometheus et Grafana s’intègrent naturellement pour alerter en cas de dérive ou d’anomalie de performance, garantissant ainsi un service robuste.
La gouvernance des modèles repose enfin sur des référentiels de versionnement, des workflows de validation avant mise en production et des mécanismes de “kill switch” pour désactiver instantanément un modèle en cas de comportement non conforme ou d’incident.
Vers une stratégie progressive et hybride : gouvernance et choix pragmatiques
La souveraineté GenAI se construit par étapes : audit du stack existant, classification des workloads et déploiement progressif. Cette démarche pragmatique permet d’optimiser l’innovation tout en limitant les risques opérationnels et réglementaires.
Cartographie des workloads et sensibilité des données
Chaque type de traitement doit être évalué selon le niveau de confidentialité des données manipulées et l’impact potentiel en cas de fuite ou de mauvaise utilisation. Le classement peut être décomposé en catégories telles que “public”, “interne” ou “confidentiel”, avec des règles d’infrastructure associées.
Ce travail de classification permet de décider si un modèle s’exécute sur un cloud public, un cloud souverain ou en on-premise. Il offre également une base pour dimensionner les ressources, estimer le TCO et anticiper les évolutions de charge.
La traçabilité des données, du moment de leur ingestion jusqu’à la restitution du résultat, s’appuie sur des logs horodatés et immuables, essentiels pour répondre aux exigences d’audit et de conformité.
Mix technologique : hyperscalers pour l’élasticité, souveraineté pour la confidentialité
Les hyperscalers restent incontournables pour les phases d’entraînement massif nécessitant des GPU de dernière génération et des frameworks optimisés. Ils offrent une élasticité à la demande sans investissement initial.
En parallèle, les clouds souverains ou on-premise sont privilégiés pour les phases d’inférence à haute fréquence sur des données sensibles. Cette combinaison garantit un accès rapide aux ressources intensives tout en assurant un cloisonnement strict des informations critiques.
L’orchestration multi-environnements repose sur des pipelines CI/CD unifiés, permettant de déployer un même artefact sur plusieurs cibles selon des règles de gouvernance définies.
Plan de montée en compétences et gouvernance
La maîtrise de cet écosystème requiert des profils hybrides : ingénieurs cloud, data scientists et architectes AI. Un programme de formation ciblée sur les briques open source et la sécurité permet de diffuser les bonnes pratiques au sein des équipes.
La mise en place d’un comité de gouvernance GenAI, réunissant DSI, responsables métiers et experts sécurité, assure un suivi régulier des avancées, la revue des incidents et l’évolution des politiques d’usage.
Cette structure décisionnelle garantit l’alignement des initiatives IA avec la stratégie globale de l’entreprise et favorise l’adoption progressive des nouvelles technologies.
Bâtir une souveraineté GenAI pragmatique et performante
En combinant une infrastructure hybride, l’adoption de LLM open source et l’intégration d’un écosystème logiciel modulaire, il est possible de déployer une GenAI souveraine sans perdre en agilité ni en performance. Ce triptyque – hardware maîtrisé, modèles compétitifs, software open source – constitue la feuille de route pour une autonomie technologique durable.
Nos experts accompagnent chaque étape de cette démarche : audit de votre stack actuel, classification des workloads, sélection des clouds et des modèles, mise en place des pipelines et gouvernance. Ensemble, nous élaborons une stratégie progressive, adaptée à votre contexte métier et à vos objectifs de souveraineté.







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